Une société de projets

De La Bibliothèque indépendantiste
Aller à la navigation Aller à la recherche


Une société de projets. Les positions communes des Partenaires
1995




Source(s): [1]



Partenaires pour une Éducation qui nous ressemble et nous rassemble

Une approche culturelle de l'éducation

À une approche marchande qui considère l'école comme une usine de fabrication de travailleurs anonymes, nous répondons par une approche culturelle de l'éducation, seule capable de traduire le caractère essentiel du projet démocratique qu'elle porte. Le droit pour toutes et tous à une éducation de qualité est un droit premier, une condition essentielle pour acquérir individuellement et collectivement les autres droits. Creuset de socialisation, l'école devient un lieu d'apprentissage de la liberté, d'éducation à l'autonomie, à la responsabilité et à la tolérance, de recherche d'égalité, d'entraide et de coopération, un lieu d'ouverture à l'universel.

Une éducation qui nous rassemble

Point d'ancrage de la société québécoise, l'éducation concourt au développement culturel, social et économique du Québec. Partenaires pour la souveraineté propose donc la pleine maîtrise d'un système d'éducation ACCESSIBLE, c'est-à-dire :

  • public;
  • laïque et pluraliste.

Ce système d'éducation permettra de relever des défis d'importance.

Les défis :

  • la lutte à l'analphabétisme ( 28 % de la population de 15 ans et plus );
  • les services aux jeunes en difficulté d'adaptation ou d'apprentissage, souvent aux prises avec des problèmes graves de pauvreté et de violence;
  • l'intégration des jeunes de diverses origines;
  • la diminution du décrochage scolaire ( 35 % des jeunes );
  • les besoins de recyclage et de formation des adultes en démarche de réinsertion sociale et professionnelle;
  • l'augmentation du taux de scolarisation universitaire.
Un système scolaire adapté à la réalité culturelle et démographique du Québec d'aujourd'hui

Nos acquis :

Partout au Québec, de la base au sommet, dans toutes les régions et quasiment toutes les localités, on peut compter sur des ressources qui ont été forgées à la ressemblance et selon les besoins des Québécois et des Québécoises.

Le ministère de l'Éducation - En 1964, au moment de la Révolution tranquille, le Québec se dote d'un levier de commande qui permet de redéfinir les places respectives de l'Église et de l'État dans le domaine de l'éducation. Les privilèges historiques des catholiques et des protestants sont maintenus, mais il appartient désormais à l'État québécois d'édicter les programmes, de contrôler la qualité des apprentissages et de la formation des maîtres, etc.

Un réseau d'écoles publiques - Partout au Québec, des centaines d'écoles primaires et secondaires assurent la formation de milliers de jeunes.

Les Cégeps et l'Université du Québec, présents partout - Le Québec se distingue du reste du Canada par son réseau de Cégeps ( 1968 ) et par son Université du Québec ( 1969 ), accessibles sur l'ensemble du territoire québécois.

Un large mouvement d'éducation populaire - Issu du milieu associatif, un réseau d'éducation populaire se développe depuis une trentaine d'années. Proche des gens, il est porteur d'innovation sociale et d'expérimentation pédagogique

Des outils modernes de développement

Alors que nous traversons de profondes mutations sociales, marquées par l'évolution rapide des technologies et la concentration croissante des pouvoirs économiques, la connaissance et le savoir-faire constituent de plus en plus la matière première des échanges économiques et du marché de l'emploi. Or, pour s'inscrire dans cette évolution et favoriser l'innovation, il est nécessaire que le Québec possède le plein contrôle de la compétence, de la gestion, de l'organisation et des orientations relatives aux trois secteurs clés d'intervention suivants :

  • la formation professionnelle;
  • l'enseignement universitaire;
  • la recherche scientifique.
Une école en français

Dans un Québec souverain, possédant sa propre constitution et garantissant les droits et libertés de toutes et de tous :

  • l'école publique est l'école commune;
  • l'école française est le lieu privilégié de l'intégration des personnes immigrantes ainsi que de leurs familles à la société québécoise;
  • l'accessibilité universelle à l'école française est maintenue;
  • le réseau scolaire de la minorité anglophone est maintenu;
  • les communautés autochtones gèrent leur propre système d'éducation.
Une compétence menacée, un projet éducatif compromis

Une intrusion qui coûte cher

Bien qu'ayant la compétence exclusive en matière d'éducation, le Québec doit composer avec la constante intrusion de l'État fédéral en ce domaine. Qu'il s'agisse de la formation professionnelle, de l'enseignement universitaire, de la recherche scientifique ou encore de la langue d'enseignement, partout l'État fédéral intervient. Le coût de cette ingérence : le projet éducatif du Québec est sans cesse détourné de son cours et vidé de son sens au profit d'intérêts fédéraux. La réforme Axworthy illustre bien cette réalité.

'Des entraves constitutionnelles'

En garantissant des structures scolaires confessionnelles, l'article 93 de l'Acte de l'Amérique du Nord britannique empêche l'avènement d'un système scolaire laïque. Plus encore, en juillet 1984, la cour suprême établissait que l'article 23 de la Loi constitutionnelle de 1982 avait priorité absolue sur l'article 73 de la Charte de la langue française. Cette décision contre ainsi les effets de la charte en accordant le droit à l'enseignement en anglais à la famille de toute personne qui reçoit ou qui a reçu son enseignement primaire ou secondaire en anglais au Canada.

Enfin, le pouvoir de dépenser de l'État fédéral lui permet de " verser certaines sommes d'argent à des fins au sujet desquelles le Parlement canadien n'a pas nécessairement le pouvoir de légiférer "

'La multiplication des programmes et le chevauchement'

Si l'État fédéral intervient en formation professionnelle et en recherche scientifique, c'est surtout grâce à ce pouvoir de dépenser. Il multiplie ainsi les programmes et les procédures, si bien qu'à l'automne 1993, on dénombrait, seulement au Québec, plus de 25 000 personnes en attente d'une place dans l'un de ces programmes. Que dire du chevauchement en matière de financement des universités, de programmes d'aide aux étudiants et de recherche scientifique? Celui-ci compromet grandement la cohérence et l'efficacité des politiques dans ces secteurs névralgiques et il permet à l'État fédéral d'exercer un contrôle abusif dans des domaines stratégiques de développement.

'À nouveau au carrefour'

Depuis la Révolution tranquille, les efforts consentis par le Québec en matière d'éducation ont porté fruit. Les chiffres qui suivent illustrent l'ampleur des progrès réalisés mais ils démontrent aussi que le système éducatif québécois nécessite une réforme en profondeur. L'éducation de ses jeunes et la formation de sa main-d'œuvre sont des secteurs stratégiques pour un État. Aujourd'hui, plus que jamais, la situation oblige la société québécoise à dégager un consensus social sur les valeurs et la finalité de l'éducation.


Des progrès réalisés 1961 1995
Fréquentation de l'école secondaire La moitié des jeunes de 16 ans Plus de 90 %
Études collégiales 16 % des jeunes Plus de 60 %
Proportion des filles dans les universités 14 % Plus de 50 %


Des acquis menacés en formation professionnelle au secondaire 1987-1988 1991-1992
Effectif total153 000 107 000
Jeunes de moins de 19 ans 18 %10 %


À l'aube de l'an 2000, l'État québécois a choisi de convoquer des États généraux sur l'éducation. Bien qu'il s'agisse d'une entreprise pertinente et louable, Partenaires pour la souveraineté considère que la véritable clé d'« une éducation qui nous ressemble et nous rassemble » réside dans la possibilité que le peuple québécois se donnera, par le biais d'un État souverain, d'assurer la pleine maîtrise de son projet éducatif.

Partenaires pour une Économie solidaire, équitable, de plein emploi et de développement durable

Pour atteindre nos objectifs de société

Une économie solidaire

Souverains, les Québécois et les Québécoises seront à même de bâtir une société solidaire et plus équitable, une société où les politiques pour le plein emploi et le développement durable prendront tout leur sens. Loin de représenter un obstacle, le nouveau contexte mondial favorise cette démarche de souveraineté. Les frontières économiques disparaissent au profit d'échanges de plus en plus importants entre régions de différents pays. Or, en Amérique du Nord, le Québec constitue une région qui, après un oui, deviendra un pays. Dès lors, maîtrisant pleinement les politiques essentielles à son développement, un Québec souverain pourra atteindre ses objectifs de société.

L'Équipe Québec

Avec une petite économie ouverte, mais intégrée et solidaire, s'appuyant sur une population en nombre suffisant, des ressources humaines qualifiées et une force d'innovation, le Québec est en mesure de s'insérer dans les nouveaux espaces économiques. Le choix est clair : au lieu de demeurer la cinquième ligne de Team Canada, créer l'Équipe Québec!

La force des régions

La force de chacune des régions, estime Partenaires pour la souveraineté, plaide en faveur d'une participation réussie à l'économie ouverte de demain. Souverain, le Québec pourra véritablement soutenir les dynamiques locales en adoptant des politiques concertées d'interactions régionales.

Le développement potentiel du Québec dans l'économie de demain

Connaître les règles du jeu ...

On le sait, les règles du jeu ont changé. En peu de temps, l'économie d'exportation et d'importation, où les États jouaient un rôle important, a cédé le pas à une économie marquée par la création de filiales et diverses formes de coopération commerciale, financière, technologique et industrielle. Voici venue l'ère de la mondialisation des échanges :

  • des espaces économiques se découpent et débordent les espaces politiques des pays tels que nous les connaissons. L'extension de la finance, du capital, des marchés, de la technologie, des modes de vie, etc. touche le monde entier;
  • la mobilité des biens, des services et du capital est fortement influencée par les décisions d'un nombre restreint de firmes multinationales;
  • les entreprises se concentrent dans certains pays ou régions du monde;
  • les États voient leur rôle évoluer;
  • les politiques gouvernementales monétaires, fiscales et commerciales sont moins influentes. Celles touchant l'innovation, la formation des ressources humaines et l'entrepreneurship, appliquées de façon décentralisée, le sont davantage;
  • le commerce entre les entreprises d'une même industrie s'amplifie.
... du succès économique

La performance économique des pays ne repose plus sur la taille des économies. Elle repose désormais sur de grands marchés maintenant accessibles, sur les dynamiques locales et régionales, de même que sur l'adhésion à des objectifs mutuellement consentis. De multiples liens se créent ainsi entre États et sociétés et, sur le plan international, le commerce se fait entre des régions de différents pays.

L'importance d'un pays

Ce nouveau contexte illustre l'importance pour le Québec d'accéder à sa pleine souveraineté et prouve la nécessité pour celui-ci de participer aux forums supranationaux ( ALÉNA, GATT-OMC ), là où se discutent nombre de politiques aux effets décisifs sur le plan intérieur. Il démontre les exigences d'une libéralisation des échanges qui non seulement crée des disparités grandissantes entre des pays et des régions, mais donne également lieu à la mise sur pied de nouvelles entreprises et à la fermeture d'usines. Le défi du nouvel État du Québec : bâtir ses consensus, définir ses propres objectifs ainsi que ses moyens de croissance, agir sur les facteurs déterminants du développement économique et social.

La pratique de la concertation

Les effets d'agglomération de ce nouvel ordre économique mondial suscitent davantage d'interactions locales et régionales, d'où la nécessité que la concertation et la cohésion locales-régionales se retrouvent au premier rang des facteurs de développement. Or, les Québécois et les Québécoises sont peu mobiles sur le plan interprovincial. Cette caractéristique facilite la concertation panquébécoise qui, quant à elle, active les éléments essentiels de la compétitivité : l'entente autour d'objectifs communs, les synergies, le processus collectif d'apprentissage et d'échange de renseignements. Un Québec souverain assurerait une meilleure adéquation entre la formation et les besoins, tout en favorisant les retombées au Québec des sommes investies par l'État et les entreprises en recherche et développement. Le Québec sortirait enfin du carcan fédéral de la mobilité " coast to coast " et mettrait fin à son assujettissement aux normes nationales.

La force de l'innovation

Le Québec se démarque par son haut niveau d'entrepreneurship et d'innovation. En effet, ses produits d'exportation reposent de plus en plus sur la haute technologie, grâce notamment à la stabilité de ses équipes de recherche et aux échanges entre les différentes régions.

Pour que le Québec et les régions aient un avenir

On le constate, une politique de régionalisation rapproche le pouvoir politique des acteurs régionaux et favorise une rapidité d'ajustement dans le système. Une telle politique permettra de tabler sur les forces québécoises et d'adapter plus facilement la structure économique dans un Québec souverain.

Sortir des politiques centralisatrices de l'État fédéral

Pour y arriver, le Québec doit récupérer et exercer les compétences reliées aux domaines clés de l'innovation, de la formation de la main-d'oeuvre, de l'autoroute électronique. Il doit retrouver la maîtrise d'oeuvre de son développement régional et harmoniser ses politiques de soutien du revenu avec ses politiques fiscales.

Sortir d'un modèle économique conçu pour et par d'autres

Le Québec doit sortir d'un système politique qui, pour réduire les disparités régionales, prend comme modèle économique la mobilité interprovinciale de la main-d'oeuvre. Non seulement cette vision s'applique-t-elle peu au Québec ( entre 1986 et 1991, le pourcentage de cette mobilité interprovinciale était en moyenne de 27,8 % dans les provinces anglophones et seulement de 6,0 % au Québec ), mais encore, elle a mené à des politiques de lutte à l'inflation ontarienne et de lutte au déficit d'Ottawa, jamais à une politique de plein emploi pour le Québec.

Sortir d'un système de péréquation qui ne fonctionne plus

Malgré le fait que plus de 30 % des chômeurs canadiens se retrouvent au Québec, en 1995, le Québec paiera plus en primes qu'il ne retirera de bénéfices du régime d'assurance-chômage. Si l'on ajoute à cela les coupures du budget Martin, actuelles et annoncées, il est clair que le Québec est sur le point de devenir un payeur net dans le régime fédéral.

Le Québec dans le monde

Une économie ouverte, largement autosuffisante

Le Québec dispose d'une base solide pour s'insérer dans un monde de plus en plus ouvert et interdépendant. À l'heure actuelle, le Québec subvient à ses besoins dans une proportion de 85 % côté services et de 58 % côté biens. De plus, son commerce extérieur se faisant surtout au niveau intra-industrie, le Québec s'affirme comme un partenaire parfaitement apte à participer à l'intégration économique grandissante en Amérique du Nord.

Le commerce avec le Canada

Dans son commerce avec le Canada, en 1989, le solde des échanges du Québec affichait un surplus côté biens et un déficit côté services, pour un surplus total de 1,8 milliard. Le surplus total s'établissait à 2,6 milliards en 1990 et à 1,34 milliard en 1993. Quant à l'Ontario, principal partenaire économique du Québec, celui-ci vend beaucoup plus chez nous que nous chez lui; il dépend de notre marché qui, en 1989, représentait 9,39 % de son PIB. L'union monétaire

L'utilisation du dollar canadien par le Québec sert les intérêts de tous, ceux des entreprises et des citoyens, au Canada comme au Québec. Le risque de variations dans le taux de change est ainsi évité tout comme les coûts de transaction impliqués par le passage d'une monnaie à une autre. Le règlement du partage de la dette et la poursuite du paiement des intérêts de celle-ci sont aussi facilités.

Le commerce extérieur

Le Québec a su profiter de l'Accord de libre-échange avec les États-Unis et déjà il bénéficie des avantages de l'ALÉNA dont il serait membre une fois souverain. C'est ainsi que pour l'année 1993, dans les secteurs primaire et secondaire, le Québec affichait un surplus de 3,4 milliards de dollars dans ses exportations et ses importations avec le monde et qu'en 1994, ce surplus se situe au-delà de 5 milliards de dollars. À plusieurs égards, l'économie du Québec occupe une position enviable. Partenaires pour la souveraineté considère que le Québec dispose de conditions économiques favorables à sa pleine accession au statut d'État indépendant.

Partenaires pour une société solidaire : Politiques sociales

Partenaires pour un pays à partager : Citoyenneté

Partenaires pour un Québec, terre de liberté : Droits et libertés

Partenaires pour un Québec actif dans le monde : Relations internationales

Confidence de la Culture québécoise