Lettre à laquelle on a joint un mémoire du comité constitutionnel de Montréal concernant la constitution projetée
Messieurs,
Nous vous acheminons le duplicata de notre lettre en datte du ... ainsi que celui de nos adresses, nous espérons que les originaux vous serons parvenus avant la fin de la session du Parlement, et que vous les aurez présentées et appuyées de tout votre crédit. Nous y avons joint aussi les suppliques des nouvelles signatures que nous avons recueillies depuis ce temps-là, et jusques à ce jour, tant à Québec qu'ici, et nous sommes résolus de continuer, afin d'en recevoir autant qu'il nous sera possible, pour vous les faire passer immédiatement.
Les pièces qui sont sorties de la plume du comité opposé au notre, et dont nous avons envoyés des copies disent plus contre lui que nous ne pourrions dire nous mêmes, vous en connaîtrez les auteurs dont la majeure partie attachés au Gouvernement par des emplois ou charges qu'ils ou qu'ils espèrent d'y occuper par la suite, ont enfanté le projet de s'opposer à notre judicieux plan d'une Chambre d'assemblée.
La crédulité fille aînée de l'ignorance a fait des progrès rapides parmi la basse classe du peuple, on à insinué qu'il s'agissait dans notre plan de taxe et on l'a crue d'abord sans un plus mur examen, l'alarme une fois répandue dans les esprits à procuré au parti opposé bien des croix au lieu de signatures. Nous laissons a vos réflexions tout ce que l'on peut dire sur de telles croix recueillies peut être avec bien peu de scrupule.
La marche de l'opposition est marquée au coin du plus vil intérêt premier moyen de réfutation de leur requête. Vouloir prétendre et demander la continuation d'un Gouvernement arbitraire et absolue, parce que quelques particuliers y trouvent seuls leurs compte c'est être injuste, second moyen de réfutation. Demander à jouir des privilèges, prérogatives, et immunités dont jouissent tous les sujets britanniques, sous une forme de Gouvernement qui les exclut de fait, c'est n'être pas d'accord avec soi même, troisième moyen de réfutation.
Il semble que les esprits reviennent peu à peu de leur première erreur, de puis quelques jours nous trouvons moins de difficultés. L'opposition s'affaiblit et bien des gens paraissent avoir un vrai repentir d'avoir signé l'adresse qu'elle a fait. La vérité percera à travers les nuages qui l'obscurcissent. Nous nous reposons sur tous vos soins comme notre demande est tout a fait conformes aux principes de la Constitution Britannique, et que tout sujet qui vit sous une pareille domination y a un droit né.
Nous osons nous flatter d'y être admis.
Nous avons l'honneur d'être avec confiance,
Messieurs,
Vos très humbles et
très obéissants serviteurs.
Montréal, ce 28 février 1785.
Nous nous proposons d'envoyer immédiatement après que les glaces seront parties a Catarakoui, pour y recueillir les signatures des royalistes qui sont établis dans cette partie la, et ailleurs, et nous sommes persuadés de les avoir toutes indistinctement. Toutes les signatures que nous nous sommes procurés viennent de la pure volonté des personnes qui les ont donnés et d'une connaissance parfaite, de nos juste demandes. Pas une d'elle ne cessent de faire des vœux pour la réussite : elles sentent que leur bonheur futur en dépend.