Pour notre deuxième anniversaire

De La Bibliothèque indépendantiste
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Pour notre deuxième anniversaire
dans L'Indépendance, volume 1, numéro 1, septembre 1962, p. 1



N'en déplaise à quelques "grands" du journalisme québécois qui souhaitent constamment sa mort, le R.I.N publie aujourd'hui le premier numéro de son organe officiel L'INDÉPENDANCE. Cette parution marque, à peu de jours près, le deuxième anniversaire de fondation de notre mouvement.

Nous le reconnaissons, c'est encore bien modeste. Avec ses huit pages, ce journal est loin d'être le plus grand mensuel français d'Amérique. Mais c'est quand même un bon départ. Par cette publication, le R.I.N. pourra désormais maintenir un contact essentiel avec ses membres et aussi faire connaître à la population comme à la presse sa position sur les problèmes canadiens-français. Si léger soit-il en papier, L'INDÉPENDANCE sera, il va de soi, un journal de combat voué à la cause de l'indépendance du Québec.

Le R.I.N. a donc deux ans. Ou devrais-je écrire: se peut-il que le R.I.N. n'ait que deux ans? Car à juger d'après sa popularité, le travail qu'il a accompli, la publicité qu'il a obtenue, la rapidité avec laquelle il a fait sa trouée et surtout l'inquiétude qu'il cause aux adversaires de l'indépendance du Québec, on croirait facilement qu'il a davantage d'années de vie. Mais non, c'est bien le samedi 10 septembre 1960 qu'une trentaine de personnes de Montréal et de Hull se rencontrèrent à Morin Heights (il faudra un jour franciser ce nom) pour jeter les bases du mouvement, adopter un manifeste, choisir un nom et s'entendre sur les principaux articles d'une constitution.

Et depuis cette date, ce ne fut que progrès. Après la fondation du R.I.N., six mois d'obscur travail d'organisation; 4 avril 1961, première assemblée publique au Gésu; début de juin, premier incident d'Ottawa; septembre, "Pourquoi je suis séparatiste"; octobre, le R.I.N. obtient sa charte; novembre, congrès des affaires canadiennes à Laval; décembre, deuxième indicent à Ottawa; janvier 1962, ouverture du secrétariat général à Montréal; mars, première campagne de souscription; première moitié de 1962, une cinquantaine de causeries prononcées partout en province par les dirigeants du R.I.N.; juin, congrès spécial à Québec où l'assemblée décide de se préparer à l'action politique; été 1962, le comité politique prépare son programme; 15 septembre 1962, le R.I.N. lance son journal

Après ces deux années d'existence, où va le R.I.N. et par quel chemin! Il va exactement là où il s'est promis d'aller: à l'indépendance du Québec.

Devant les agissements passés et les projets d'avenir, que valent les critiques lues récemment dans les journaux? Le séparatisme est-il vraiment voué à une mort plus ou moins prochaine? La réponse est évidemment non.

Dans toute révolution — et notre cause en est une — il y a deux catégories de personnes: celles qui sont en place et les autres. Et comme par définition une révolution ne se fait jamais par les gens en place, il ne faut donc pas s'attendre à recevoir l'appui des directeurs de grands journaux, des hommes publics, des chefs de grandes entreprises, c'est-à-dire des arrivés et des biens assis. Mais qu'importe leur absence puisque nous avons pour nous la volonté d'un peuple assoiffé de libération. Qu'on le veuille ou non, en cette ère de décolonisation mondiale, l'indépendance du Québec est inévitable. Lentement mais sûrement, l'idée d'un Québec libre fait son chemin et ce n'est pas l'ironie ni même l'opposition acharnée de quelques-uns qui empêcheront notre peuple de se libérer. La lutte pour l'indépendance du Québec est définitivement engagée et c'est afin de la mieux livrer que le R.I.N. lance aujourd'hui son journal L'INDÉPENDANCE.