Déclaration des Irlandais-Unis

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Déclaration des Irlandais-Unis
Belfast, octobre 1791.




RÉSUMÉ: Déclaration de la Société des Irlandais-Unis de Belfast. L'auteur de la déclaration est Theobald Wolfe Tone. ÉDITIONS: Traduction française : Texte traduit par Mathieu Gauthier-Pilote en avril 2013. Original anglais : [1], [2]



En cette grande époque de réformes où nous nous trouvons, alors que nous voyons des gouvernements injustes s'effondrer aux quatre coins de l'Europe ; que la persécution religieuse se voit contraint d'abjurer la tyrannie qu'elle exerce sur les consciences ; que les droits de l'homme sont établis par la théorie et que la théorie se matérialise dans la pratique ; que l'ancienneté ne peut plus servir d'argument pour défendre des formes absurdes et opprimantes contre le sens commun et les intérêts communs du genre humain ; qu'il est reconnu que tout gouvernement tire sa source du peuple et n'est légitime qu'autant qu'il protège ses droits et promeut son bonheur ; nous croyons qu'il est de notre devoir, comme Irlandais, de nous avancer et d'affirmer ce que nous ressentons comme notre plus grand grief et ce que nous savons en être le remède efficace. Nous n'avons pas de gouvernement national — nous sommes gouvernés par des Anglais, et nous sommes les serviteurs de quelques Anglais dont la chose propre est l'intérêt d'un autre pays, dont l'instrument est la corruption et dont la force est la faiblesse de l'Irlande ; et ces hommes ont l'entièreté du pouvoir et du patronage du pays comme moyen de séduire et de soumettre l'honnêteté et le courage de ses représentants dans la législature.

Un pouvoir si extrême, agissant avec unité de force, dans une direction trop fréquemment contraire à la ligne de nos intérêts les plus évidents, ne peut être combattu de façon efficace que par l'unanimité, la détermination et le courage du peuple — qualités qui peuvent être exercées avec le plus de légalité, constitutionnalité et efficacité par cette grande mesure essentielle à la prospérité et à la liberté de l'Irlande — une représentation égalitaire de tout le peuple dans le Parlement. Nous ne mentionnerons pas ici comme griefs le rejet de projets de loi sur les places, sur les pensions, sur la responsabilité, de même que le marchandage des pairies dans une des deux chambres, la corruption avouée publiquement dans l'autre, non plus que l'infamie notoire du trafic des bourgs entre les deux, non pas que nous soyons insensibles à ces énormités, mais nous les considérons comme des symptômes de la maladie mortelle qui corrode les organes vitaux de notre constitution et ne laisse au peuple en fait de gouvernement que l'ombre de la chose.

Imprégnés de ces sentiments, nous avons convenu de former une association portant le nom de «Société des Irlandais-Unis» et nous nous engageons envers notre pays et mutuellement les uns envers les autres à nous soutenir et à nous efforcer, de manière constante et par tous les moyens nécessaires, de mettre à exécution les résolutions suivantes :

PREMIÈRE RÉSOLUTION: Que le poids de l'influence anglaise sur le gouvernement de ce pays est si grand qu'il requiert l'union cordiale de tout le peuple de l'Irlande pour maintenir cet équilibre essentiel à la préservation de nos libertés et à l'extension de notre commerce.

DEUXIÈME: Que le seul mode constitutionnel par lequel cette influence peut être combattu est la réforme complète et radicale de la représentation du peuple au Parlement.

TROISIÈME: Qu'aucune réforme ne sera pratique, efficace ou juste si elle n'inclut pas les Irlandais de toutes les confessions religieuses. Convaincus, comme nous le sommes, que les divisions intestines des Irlandais ont trop souvent encouragé l'impunité d'administrations prodigues, audacieuses et corrompues, dans une mesure qu'elles n'auraient jamais osé s'arroger sans ses divisions, nous soumettons nos résolutions à la nation comme le fondement de notre foi politique. Nous sommes allés à ce que nous concevons comme la racine du mal. Nous avons affirmé ce que nous croyons être le remède. Avec un Parlement ainsi réformé, tout devient aisé ; sans lui, rien ne peut être accompli. Et nous appelons et exhortons sérieusement nos compatriotes en général à suivre notre exemple en formant des sociétés semblables à la nôtre dans tous les coins du royaume pour la promotion de la connaissance constitutionnelle, l'abolition du sectarisme dans la religion et la politique, et une distribution égale des droits de l'homme parmi les Irlandais de toutes les sectes et dénominations. Le peuple, dès lors qu'il sera uni de la sorte, sentira son propre poids et obtiendra cette part du pouvoir que la théorie admet déjà lui revenir de droit, et à laquelle il mérite de renoncer pour toujours si la présente invitation à la réclamer ne l'éveille pas.



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