Déclaration de principes du Conseil fédéré des métiers et du travail de Montréal

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Déclaration de principes du
dans La Patrie, 2 septembre 1899, p. 9.




RÉSUMÉ : Déclaration des principes du Conseil fédéré des métiers et du travail de Montréal, fondé à l'origine par quatre unions en désaccord avec la politique du Conseil des métiers et du travail du Canada où régnaient les Chevaliers du travail[1]. EN LIGNE : news.google.ca, classiques.uqac.ca;



Le Conseil fédéré des métiers de Montréal et de la banlieue a été fondé le 12 avril 1897 par quatre associations ouvrières qui s'unirent avec la pensée de se constituer comme le noyau autour duquel devait se former plus tard une association puissante et prospère. Quelque temps avant la fondation du Conseil, ces quatre sociétés qui sont l'Union typographique anglaise, l'Union coopérative des plâtriers et les deux Unions des charpentiers anglaise et française, s'étaient réunis à différentes reprises et avaient jeté les bases de cet organisation qui, lundi, donnera au public de Montréal une idée de ce que peuvent accomplir la paix, la concorde combinées avec le labeur et la persévérance.

Les premières tentatives ne furent pas très encourageantes. Il manquait de cet enthousiasme et de cette chaleur si nécessaires aux grands mouvements. Mais bientôt, grâce à l'activité que déployèrent les organisateurs, et surtout à leur talent de persuasion le mouvement pris, petit à petit, une consistance qui s'accrut d'une façon étonnante à tel point qu'une année après elle comptait quatorze unions confondues en une seule avec un même but et une même devise : «Labor omnia vincit

Parmi les principaux fondateurs sont MM. J Ainey, F. Robert, Wm. G. Saur, W. T. Bartey, George S. Ware, A. Gariépy, Charles Ryan, Zotique Delonchamps, F. Denis et ceux des messieurs dont nous publions aujourd'hui les photographies.

Le but de l'organisation, telle que rêvée par les organisateurs se dessine dans le préambule au frontispice de leur constitution.

Attendu qu'il est clairement démontré par l'expérience du passé que l'union parmi les ouvriers est une nécessité impérieuse et indispensable afin de combattre les empiétements toujours croissants du capital centralisé et consolidé, et comme il y a plusieurs questions concernant les intérêts des classes ouvrières qui ne peuvent être traitées convenablement dans les unions de métiers et de travail agissant séparément, nous croyons qu'il est de notre devoir de fonder une organisation centrale du travail où toutes les associations s'uniront pour aider aucune d'elles en particulier qui aurait à se plaindre de quelque oppression et que toutes réunies ainsi formeront une fraternité luttant pour la protection des classes laborieuses.

En conséquence :

Résolu, — que nous, les délégués des différentes unions de métiers et de travail ici représentées, fondons le «Conseil fédéré des métiers et du travail de Montréal», dont le but est d'organiser et d'unir les classes ouvrières pour leur protection mutuelle, leur éducation et leur avancement social et à ces fins nous adoptons ce qui suit

DÉCLARATION DE PRINCIPES

ORGANISATION

1. Nous affirmons qu'un des principaux devoirs de ce Conseil est l'organisation parfaite de toutes les classes de travailleurs comme étant le premier pas vers une plus grande liberté industrielle.

2. Nous nous engageons de plus à donner tout secours raisonnable pour aider l'organisation des métiers qui ne sont pas syndiqués et à aider les unions déjà en existence.

3. Nous croyons à la solidarité des ouvriers de toutes les branches de travail et tout en admettant le droit qu'on les sociétés affiliées de conduire leurs propres affaires, nous déclarons qu'il est du devoir de ce corps central d'aider toutes les associations locales dans la défense de leurs droits et chercher à procurer de meilleures conditions de travail à leurs membres.

ÉDUCATION

1. Nous déclarons qu'un des principaux buts de ce Conseil est l'éducation; la fondation d'un congrès local du travail où les questions d'un intérêt général seront discutées.

2. Nous nous efforcerons de former une association où les hommes représentant le mouvement ouvrier pourront se rencontrer, se mieux connaître, et par là augmenter leurs connaissances, où les idées pourront s'échanger en toute liberté et les graves problèmes de réformes sociales discutés et analysés.

3. Il sera du devoir de cette organisation d'aider la propagande publique des principes de réforme du travail et spécialement celui concernant le mouvement de la réduction des heures de travail tel que formulé par la Fédération américaine du travail.

LÉGISLATION

Nous affirmons que l'intégrité des unions de travailleurs peut se mieux conserver intacte en observant strictement une ligne de conduite d'abstention absolue de toute partisannerie politique, et nous déclarons qu'il est imprudent que ce Conseil s'engage à supporter aucune organisation politique, fédérale, provinciale, ou municipale.

Nous recommandons cependant que tout salarié, devrait exercer son droit de vote d'une manière indépendante et comme citoyen voter pour les hommes et les mesures qu'il croira les plus favorables aux intérêts du travail sans égards aux partis politiques.

Le Conseil fédéré ne revendique aucune juridiction sur les actions politiques, des délégués individuellement: à moins que, dans telles actions ils se soient réclamés de leur qualité de délégués.

Dans ce cas ils seront passibles de la perte de tous leurs droits et privilèges dans ce Conseil.

Nous nous proclamons en faveur d'une législation provinciale et municipale tendant à l'obtention des mesures suivantes, et que c'est le devoir de ce Conseil de se servir de tous les moyens honorables auprès des législateurs afin d'obtenir leur promulgation.

1. La mise en pratique de la réduction des heures de travail pour les employés publics, les femmes et les enfants

2. La suspension du travail des enfants au-dessous de 16 ans dans les manufactures et les établissements de commerce, et l'élévation de l'âge de l'abandon des écoles pour les enfants à 16 ans.

3. L'abolition du système de donner par contrats les travaux publics.

4. L'acquisition du système de législation tel que formulé dans les principes de «l'initiative» et du «référendum».

5. La réglementation du travail des prisons afin de réduire à son minimum sa concurrence au travail honnête.

6. Une loi de responsabilité des patrons qui ne viendra pas en conflit avec la loi commune du droit de recouvrement.

7. L'obtention d'un salaire identique pour un même travail, exécuté par l'un ou l'autre sexe.

Nous avons publiés hier la proclamation du Maréchal en chef de la grande parade de lundi. Après la parade il ne faut pas oublier les amusements, au Queen's Park, qui consistent en concerts de fanfares, danses, courses de bicycles, et d'une foule d'attractions imaginées pour satisfaire tous les goûts. Il y aura un programme distribué gratuitement le jour de la fête et le public est invité à le lire pour se tenir informé des événements divers de la journée.