Déclaration de principes des Chevaliers du travail

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Déclaration de principes des
1887




RÉSUMÉ : Déclaration de principes des Chevaliers du travail, organisation syndicale d'origine américaine (Knights of Labour) qui s'implante au Québec à la fin du XIXe siècle. SUR LE DOCUMENT : Jacques Martin, Les Chevaliers du travail et le syndicalisme international à Montréal, thèse de maîtrise (relations industrielles), Université de Montréal, 1965, 140 p.; Alphonse-Télesphore Lépine, Explications de la déclaration de principes de l'Ordre des chevaliers du travail, pour l'instruction des membres de la société, [Montréal : s.n.], 1887, 27 p. (en ligne); Le Trait d'Union EN LIGNE : classiques.uqac.ca, archive.org (partiel);



Article I

Faire de la valeur morale et industrielle - non de la richesse - la vraie mesure de la grandeur des individus et des nations.

Article II

D'assurer aux travailleurs leur part légitime et la pleine jouissance des richesses qu'ils créent ; assez de loisirs pour développer leurs facultés intellectuelles et sociales ; tous les bénéfices, récréations et plaisirs de la sociabilité ; en un mot de les rendre capables d'avoir part aux profits et aux honneurs d'une civilisation avancée.

Article III

L'établissement d'un Bureau de statistique du travail, afin que nous puissions arriver à un aperçu correct de l'éducation et de la condition morale et matérielle des masses ouvrières.

Article IV

La réserve, en faveur des occupants ou colons actuels des terres publiques qui sont l'héritage du peuple. Pas un arpent de terre pour les chemins de fer ou les spéculateurs ; nous voulons que toutes les terres qui sont maintenant entre les mains des spéculateurs soient taxées à leur pleine valeur.

Article V

L'abrogation de toutes les lois qui ne portent pas également sur le Capital et le Travail ; et l'abolition de toutes les finesses et subtilités techniques, les délais calculés et le favoritisme dans l'administration de la justice.

Article VI

L'adoption de mesures ayant pour objet de pourvoir à la santé et à la sûreté des ouvriers employés dans les manufactures, les mines et les industries du bâtiment ; aussi assurant une juste indemnité en cas d'accidents qui seraient dus à l'absence des sauvegardes nécessaires.

Article VII

La reconnaissance sur un pied d'égalité, par les Corporations Industrielles, de toutes les Unions, Corps de Métiers, Ordres, et toutes autres Sociétés et Associations qui sont déjà, ou peuvent être dans la suite, organisées par les classes ouvrières pour améliorer leur condition et protéger leurs droits.

Article VIII

Le passage des lois ayant pour objet de forcer les corporations de payer leurs employés chaque semaine en monnaie légale argent comptant pour tout le travail de la semaine précédente ; et de garantir aux ouvriers et journaliers le premier gage ou hypothèque sur le travail pour le montant entier de leurs salaires.

Article IX

L'abolition de tout système de contrat à forfait pour les travaux nationaux, provinciaux ou communaux.

Article X

Le passage de lois établissant un système d'arbitrage entre patrons et employés et donnant force de loi aux décisions des arbitres.

Article XI

La défense de par la loi d'employer les enfants au-dessous de quinze ans dans les boutiques, mines et manufactures de toutes sortes.

Article XII

Défense de par la loi de louer le travail des prisonniers à des particuliers pour leurs usines.

Article XIII

L'établissement d'un impôt gradué et progressif sur les revenus.

Article XIV

Qu'il [le gouvernement] établisse un système national de monnaie dans lequel l'argent monétaire soit émis directement entre les mains du peuple en quantité suffisante pour les échanges, sans l'intervention de banques particulières ; que l'argent de circulation ainsi émis ait cours légale forcé et soit accepté en paiement de toutes dettes publiques et privées ; et que l'État ne reconnaisse officiellement ou crée aucune banque privée ou compagnie de crédit, ni ne les couvre de sa garantie.

Article XV

Que les obligations et les billets portant intérêt ne soient jamais émis par le gouvernement et qu'il émette de la monnaie légale, ne portant pas intérêt, lorsque le besoin s'en fera sentir.

Article XVI

Que l'importation par contrat d'ouvriers étrangers soit défendue.

Article XVII

Qu'avec le concours des bureaux de poste, le gouvernement organise des échanges financiers et qu'il facilite le dépôt des épargnes de la classe ouvrière.

Article XVIII

Que le gouvernement général obtienne possession, par voie d'achat, en vertu du droit de souverain domaine, de tous les télégraphes, téléphones et chemins de fer ; et que dans la suite nulle charte, lettres-patentes, ou privilège ne soient concédés à une corporation pour la construction et l'administration de moyens de transport de passagers, fret, lettres et dépêches.

Article XIX

De fonder des établissements de coopération de telle sorte que le système actuel de gages soit remplacé par un système industriel de « salaires coopératifs ».

Article XX

Qu'on mette en application le principe : à travail égal, salaire égal pour les deux sexes.

Article XXI

De raccourcir la journée de travail, en refusant de travailler plus de huit heures par jour.