Adresse à tous les électeurs du Bas-Canada

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Adresse à tous les électeurs du Bas-Canada
1827



CONCITOYENS nés sur cette terre que la Providence vous a donnée pour berceau, et où elle a fixé vos destinées; CONCITOYENS d'origines, de langues, de religions diverses, qui êtes venus des différentes parties des domaines de Sa Majesté et des pays étrangers vous établir avec nous, puisse votre travail à tous, et votre industrie recevoir au milieu d'une société paisible sa juste récompense, vous assurer à tous, à votre postérité, à ceux de vous compatriotes que vos succès engageront à marcher sur vos traces, l'aisance et le bonheur à l'abri des fureurs qu'engendre l'esprit de parti.

Nous vivons dans un état de société favorable à nourrir la moralité, la paix et l'union entre les citoyens. Nous ne voyons pas de ces fortunes colossales, génératrices de l'ambition et des vices perturbateurs de l'ordre social: nous ne voyons pas une extrême misère tenir une classe nombreuse dans une servile dépendance. La distribution de la propriété est si égale et si générale que, de fait, nous avons les lois agraires que demandaient les Romains, sans les avoir conquises par des déluges de sang. Nous avons tous une mise à-peu-près égale dans le fonds social, nous ne devons donc pas souffrir que des sociétaires privilégiés emportent tous les profits à discrétion et sans être tenus de nous rendre compte de leur administration. La Nature, ou plutôt le Dieu de la Nature, en donnant aux hommes, à une époque où ils sont aussi éclairés qu'en la présente, les terres fertiles et d'une étendue illimitée de l'Amérique, les appelle à la liberté, à l'égalité de droits aux yeux de la loi, sur toute l'étendue du plus vaste continent, depuis les rives de la Baie d'Hudson, jusqu'à la Terre de feu.

Quels sont les hommes insensés qui veulent arrêter le cours inflexible et naturel des événements? Un petit nombre, un très-petit nombre d'hommes parmi nous veulent défigurer cette magnifique création de la Providence, détruire ses bienfaits, faire triompher leurs principes despotiques, établir l'ilotisme et la dégradation politique de tout un peuple, dans les temps modernes, dans un pays chrétien, dans un pays anglais, qui ne fait pas partie de l'Irlande catholique opprimée, ni des Indes païennes et mahométanes, dans un pays anglais situé sur la frontière des puissants, libres et heureux États-Unis d'Amérique.

Combien l'esprit de parti est aveugle! Combien les passions haineuses sont incorrigibles! Ce sont les débris épars de la faction sanguinaire qui a organisé et mis en œuvre la tyrannie de 1810, qui conspirent de nouveau pour inventer les mêmes calomnies, et provoquer les mêmes persécutions, avec moins de moyen de succès aujourd'hui qu'elle n'en avait alors, quoiqu'alors ses efforts abortifs aient commencé sa perte qu'en ce moment elle consomme par ses nouveaux excès. Oui, ce sont les instigateurs des violences commises à cette époque, les amis passionnés des administrations des CRAIG et des DALHOUSIE, les ennemies passionnés des administrations des PREVOST, SHERBROOKE et BURTON, qui certains d'être, à juste titre, à jamais détestés, sont pour toujours féroces, mais impuissants ennemis du Canada. Dès 1810, ils étaient déjà vieillis dans la carrière du mal, leurs rangs s'éclaircissent chaque jour, ils passent et disparaissent. Ils ont été rendus inhabiles à répéter les vengeances cruelles qu'ils exercèrent alors. Ils ne peuvent plus demander des pleurs, des fers, du sang, des cachots, pour engloutir jusqu'à la veille de leur mort leurs adversaires. La persuasion ne peut plus recruter leurs rangs. Ils ne peuvent qu'acheter les services de quelques satellites. De la part du peuple, il y a développement rapide de forces, de lumières, d'attachement à ses droits, d'amour de la liberté, d'esprit d'union; de la part de ses ennemis, affaiblissement progressif, et décadence accélérée.

Le plus frileux et le plus fou de ces agitateurs, celui qui a le plus souvent découvert les complots imaginaires de révolution, qu'il avait organisés dans sa tête pour avoir le mérite de les apercevoir le premier et de les dénoncer, depuis les lettres, prétendues criminelles, ouvertes au bureau de la poste, jusqu'au procès pour sédition et trahison de Bisette acquitté, jusqu'aux bonnets-blancs attroupés près de la terre de Mr. Richardson pour s'emparer de la ville, jusqu'à l'emprisonnement de Corbeil, mort des suites de sa détention, et de Laforce dans ce district, et dans celui de Québec des Bédard et Tachereau, aujourd'hui juges du Banc du roi, de Blanchet et de plusieurs autres, tous élargis sans qu'il y ait en matière à procès contre eux; jusqu'aux dénonciations imprimées et désignant des individus comme recevant l'argent de Thurreau pour révolutionner le Canada, au moyen de l'imprimerie du CANADIEN, aussi par lui donnée et déposés dans des barils de mines de plomb trouvés chez Mr. Cuvillier; jusqu'au comité secret existant au sein de l'Assemblée, qui ne s'en doutait pas, pour arracher le Gouverneur du Chateau St-Louis, et le remplacer par un premier Consul, vient sous les noms de Delta et d'un vieux Anglo-Canadien, et sous vingt autres masques hideux et difformes, de lancer dans le public ses écrits incendiaires. Ils sont de lui, ou de quelque disciple formé à son école, et ne sachant comme un perroquet siffler que sur un ton, et toujours les mêmes injures atroces, et semblables à celles que vomissait contre le pays l'infâme traitre Henry, qui fut l'ami, le confident, le collaborateur de Nestor, de Senex, de Nerva, de Vindex, de Junevis Junior, de Delta, d'un Anglo-Canadien, de Veritas, des hommes auxquels le gouverneur actuel donne toute sa confiance.

...

Celui qui vous répond est l'ami de ses co-sujets de quelque origine qu'ils soient, qui sont assez raisonnables pour aimer un gouvernement constitutionnel, aimer l'empire des lois et pour abhorrer le pouvoir arbitraire. Ils sont bons sujets comme l'est

UN LOYAL CANADIEN.


FIN.