Adresse à tous les électeurs du Bas-Canada

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Adresse à tous les électeurs du Bas-Canada
Montréal: De l'imprimerie du Spectateur canadien, rue Saint-Paul, 1827.



CONCITOYENS nés sur cette terre que la Providence vous a donnée pour berceau, et où elle a fixé vos destinées; CONCITOYENS d'origines, de langues, de religions diverses, qui êtes venus des différentes parties des domaines de Sa Majesté et des pays étrangers vous établir avec nous, puisse votre travail à tous, et votre industrie recevoir au milieu d'une société paisible sa juste récompense, vous assurer à tous, à votre postérité, à ceux de vous compatriotes que vos succès engageront à marcher sur vos traces, l'aisance et le bonheur à l'abri des fureurs qu'engendre l'esprit de parti.

Nous vivons dans un état de société favorable à nourrir la moralité, la paix et l'union entre les citoyens. Nous ne voyons pas de ces fortunes colossales, génératrices de l'ambition et des vices perturbateurs de l'ordre social: nous ne voyons pas une extrême misère tenir une classe nombreuse dans une servile dépendance. La distribution de la propriété est si égale et si générale que, de fait, nous avons les lois agraires que demandaient les Romains, sans les avoir conquises par des déluges de sang. Nous avons tous une mise à-peu-près égale dans le fonds social, nous ne devons donc pas souffrir que des sociétaires privilégiés emportent tous les profits à discrétion et sans être tenus de nous rendre compte de leur administration. La Nature, ou plutôt le Dieu de la Nature, en donnant aux hommes, à une époque où ils sont aussi éclairés qu'en la présente, les terres fertiles et d'une étendue illimitée de l'Amérique, les appelle à la liberté, à l'égalité de droits aux yeux de la loi, sur toute l'étendue du plus vaste continent, depuis les rives de la Baie d'Hudson, jusqu'à la Terre de feu.

Quels sont les hommes insensés qui veulent arrêter le cours inflexible et naturel des événements? Un petit nombre, un très-petit nombre d'hommes parmi nous veulent défigurer cette magnifique création de la Providence, détruire ses bienfaits, faire triompher leurs principes despotiques, établir l'ilotisme et la dégradation politique de tout un peuple, dans les temps modernes, dans un pays chrétien, dans un pays anglais, qui ne fait pas partie de l'Irlande catholique opprimée, ni des Indes païennes et mahométanes, dans un pays anglais situé sur la frontière des puissants, libres et heureux États-Unis d'Amérique.

Combien l'esprit de parti est aveugle! Combien les passions haineuses sont incorrigibles! Ce sont les débris épars de la faction sanguinaire qui a organisé et mis en œuvre la tyrannie de 1810, qui conspirent de nouveau pour inventer les mêmes calomnies, et provoquer les mêmes persécutions, avec moins de moyen de succès aujourd'hui qu'elle n'en avait alors, quoiqu'alors ses efforts abortifs aient commencé sa perte qu'en ce moment elle consomme par ses nouveaux excès. Oui, ce sont les instigateurs des violences commises à cette époque, les amis passionnés des administrations des CRAIG et des DALHOUSIE, les ennemies passionnés des administrations des PREVOST, SHERBROOKE et BURTON, qui certains d'être, à juste titre, à jamais détestés, sont pour toujours féroces, mais impuissants ennemis du Canada. Dès 1810, ils étaient déjà vieillis dans la carrière du mal, leurs rangs s'éclaircissent chaque jour, ils passent et disparaissent. Ils ont été rendus inhabiles à répéter les vengeances cruelles qu'ils exercèrent alors. Ils ne peuvent plus demander des pleurs, des fers, du sang, des cachots, pour engloutir jusqu'à la veille de leur mort leurs adversaires. La persuasion ne peut plus recruter leurs rangs. Ils ne peuvent qu'acheter les services de quelques satellites. De la part du peuple, il y a développement rapide de forces, de lumières, d'attachement à ses droits, d'amour de la liberté, d'esprit d'union; de la part de ses ennemis, affaiblissement progressif, et décadence accélérée.

Le plus frileux et le plus fou de ces agitateurs, celui qui a le plus souvent découvert les complots imaginaires de révolution, qu'il avait organisés dans sa tête pour avoir le mérite de les apercevoir le premier et de les dénoncer, depuis les lettres, prétendues criminelles, ouvertes au bureau de la poste, jusqu'au procès pour sédition et trahison de Bisette acquitté, jusqu'aux bonnets-blancs attroupés près de la terre de Mr. Richardson pour s'emparer de la ville, jusqu'à l'emprisonnement de Corbeil, mort des suites de sa détention, et de Laforce dans ce district, et dans celui de Québec des Bédard et Tachereau, aujourd'hui juges du Banc du roi, de Blanchet et de plusieurs autres, tous élargis sans qu'il y ait en matière à procès contre eux; jusqu'aux dénonciations imprimées et désignant des individus comme recevant l'argent de Thurreau pour révolutionner le Canada, au moyen de l'imprimerie du CANADIEN, aussi par lui donnée et déposés dans des barils de mines de plomb trouvés chez Mr. Cuvillier; jusqu'au comité secret existant au sein de l'Assemblée, qui ne s'en doutait pas, pour arracher le Gouverneur du Chateau St-Louis, et le remplacer par un premier Consul, vient sous les noms de Delta et d'un vieux Anglo-Canadien, et sous vingt autres masques hideux et difformes, de lancer dans le public ses écrits incendiaires. Ils sont de lui, ou de quelque disciple formé à son école, et ne sachant comme un perroquet siffler que sur un ton, et toujours les mêmes injures atroces, et semblables à celles que vomissait contre le pays l'infâme traître Henry, qui fut l'ami, le confident, le collaborateur de Nestor, de Senex, de Nerva, de Vindex, de Junevis Junior, de Delta, d'un Anglo-Canadien, de Veritas, des hommes auxquels le gouverneur actuel donne toute sa confiance.

Aussi dépravé aujourd'hui qu'il le fut alors, et plus influent auprès de l'administration actuelle qu'il ne l'était auprès d'un homme qui voulait gouverner par lui-même, et qui aurait eu assez de talent pour le faire, si la maladie ne l'avait pas confiné dans le cercle étroit des fripons qui l'égarèrent, n'ayant plus à sa disposition, comme moyen de terreur et d'oppression, la facilité de jeter des innocents dans les cachots pour pratiques traîtresses, il a cru pouvoir y suppléer par l'établissement de presses asservies, auxquelles ils peut promettre l'impunité à quelques excès criminels qu'elles se livrent. En conséquence les sentines pestilentielles des Fisher, des Campbell, des Armour, Ferguson, et autres, ont été ouvertes et ont laissé couler pour le dégoût de tout honnête homme, les injures les plus sales, contre le pays en masse, contre ses représentants, contre des individus intègres et justement considérés. Quand ce sont les presses brevetées par le gouvernement, quand ce sont des éditeurs sur la tête desquels le Gouverneur en Chef se complaît à accumuler les emplois et les plus riches récompenses qui se livres à cet excès de démoralisation, quand on voit que pendant l'année de son absence, ces presses ont été muettes ou même ont quelquefois dit du bien de ceux qu'elles dénoncent aujourd'hui; oui, la perspective étonne. Il semble que ce soit l'administration elle-même qui, officiellement, lance des arrêts de proscription contre les Neilson, les Viger, les Papineau, les Cuvilier, et toute la majorité de l'Assemblée; que ce soit l'administration elle-même qui, en désignant sans cesse ces individus comme des traîtres et des rebelles, semble proclamer qu'elle met leurs têtes à prix, et qu'elle répandrait avec joie le sang des innocent. Quel avantage peut elle se promettre de souffler ainsi le feu de la haine et de la discorde entre les citoyens, et d'assassiner, dans leur réputation du moins, des hommes que d'autres administrations ont employés avec confiance et avec succès à l'heure du danger? L'administration est constituée pour protéger la vie, l'honneur, la liberté, les biens des citoyens, et pour punir les coupables. Si elle s'écarte de cette destination, elle devient une tyrannie organisée. Si les hommes qu'elle dénonce sont en effet des traîtres, elle est coupable de ne pas les arrêter et traduire devant les tribunaux; elle est criminelle si, au lieu de leur infliger la peine prononcée par les lois, elle leur en inflige d'autres prohibées par les lois; si elle lance contre eux des libelles diffamatoires, même dans le cas où elle pourrait les accuser judiciairement, à plus forte raison quand elle ne le peut pas.

Mais peut-on attendre ces notions de justice de l'homme qui n'a pas la commission de Gouverneur, il est vrai, mais qui, secondé par quelques commis subalternes des bureaux du Conseil et de l'Assemblée, décide en Dictateur de toutes les mesures dont nous sommes les témoins, est presque le seul des fonctionnaires publics qui n'ait pas eu d'altercation avec le gouverneur actuel, quoiqu'il en ait eu avec tous ses prédécesseurs. Ce Nestor d'âge, ce Thersite de sentiment de nos Conseils, a commencé sa carrière par balayer sous un comptoir. Beaucoup de bonheur et de succès dans les spéculations du commerce l'ont porté aux premiers rangs de la société, ce qui lui ferait le plus grand honneur, s'il y eut conservé de la modestie et de la modération; mais, ce qui rend son orgueil plus insupportable, c'est que sans perdre la rouille de grossièreté d'un balayeur, il est enivré de sa bonne fortune et bouffi de l'arrogance d'un parvenu. Ses vertus patriotiques sont exaltées au point d'être devenu un ridicule. Il est si chaud Breton que l'apparution, le nom d'un Français, l'usage de sa langue dans une colonie anglaise, lui occasionnent des spasmes convulsifs, et des distorsions de nerfs, semblables à ceux que produit la batterie galvanique sur le cadavre. Il est opiniâtre, abondant dans son propre sens, altier et insolent dans son impatience à souffrir la contradiction, au point de s'irriter contre les obstacles que la nature et la justice opposent à ses désirs frénétiques d'innovations, au point de ne pouvoir comprendre que la masse de la population du pays n'est pas à blâmer parce qu'elle ne peut pas empêcher que ses ancêtres aient été Français; au point de s'entêter à croire que les bouleversements politiques qu'il a conçus et accueillis, quoique repoussés avec indignation par les deux Canadas, leur doivent être imposés forcément, et que les vœux de sa passion sont plus sages que le sentiment de deux peuples n'est sûr, quant à ce qui regarde leurs intérêts les plus chers; au point d'être incapable de conserver une ombre de modération et de décence envers ses adversaires politiques; au point de tomber à leur égard dans les excès de fureur d'une imagination délirante, ne rêvant que rébellion dans la veille comme dans le sommeil; au point de dénoncer faussement de prétendus comités de salut public, épouvantail de sa création pour faire tomber sous sa tutelle protectrice les gouverneurs alarmés; au point d'imaginer, par démence ou par malice, un protectorat créé par la Chambre, les crimes, les séditions, les temps de Charles I, et de Louis XVI, se répétant en Canada. Quand je vois cet homme, je vois le génie du mal incarné sous la forme de ce vieux séducteur, assiégeant, obsédant le gouverneur pour l'exciter à la violence, lui répétant sans relâche: « Oh! vous qui n'éprouvez les supplices de la contradiction, et ne buvez la honte des refus que depuis sept ans, vous ne pouvez partager avec assez d'énergie les ressentiments inspirateurs des désirs de vengeance qui m'agitent; ils sont sans cesse renaissants pour moi, ils rongent et dévorent mon cœur; dans ce Bas-Canada français, où je suis à la torture tous les jours de ma vie, depuis sept fois sept ans et plus que j'ai été déballé et jeté sur cette terre que je hais. Abandonnez vous à mes inspirations. Je travaillerai sans relâche à perdre un gouverneur assez bas pour vouloir se concilier l'estime de représentants fils de Français. SIR GEORGE PREVOST eut cette faiblesse, et j'ai travaillé efficacement à le perdre au risque de perdre aussi le pays, en dégoûtant l'armée de son chef dans un moment où leur mésintelligence pouvait entraîner cette perte. Je seconderai en tout et partout, sans scrupules, sans remords, et sans choix des moyens, un gouverneur assez grand pour dompter, enchaîner à son char et traîner à sa suite tous ces fils de Français. Obtenez sur eux un pouvoir discrétionnaire sur un seul point, et vous l'aurez bientôt sur tous les autres. Je renonce à mes libertés, j'abjure mes privilèges d'anglais qui ne doit être taxé que de son consentement, pourvu qu'ils perdent aussi les droits que je perds. Je vous donnerai un discours tel que vous n'en avez jamais lu ni entendu d'analogue, préparatoire aux nouvelles élections, que je vous conseille. Il ne respirera pas le ton poli invariablement observé entre le roi et son parlement dans un gouvernement constitutionnel, ni le ton des cercles où vous avez vécu; aussi chacun me l'attribuera, et chacun sait assez que je n'ai jamais pu me dérouiller, perdre ma grossièreté naturelle, mon accent montagnard, mon rire sardonique, ni aimer un Français. »

CONCITOYENS de toutes nations, ce sont les aveugles antipathies nationales que nourrit ce fanatique, et les détestables préventions qu'elle lui inspirent, d'après lesquelles il veut que vous jugiez des représentants qui, en toute occasion, ont rendu justice à leurs constituants de quelque origine, profession ou religion qu'ils fussent. Je ne réfuterai pas ses accusations délayées et noyées dans les injures de Delta. C'est une production trop ordurière pour qu'un homme de quelque éducation puisse faire autre chose que la parcourir avec dégoût, sans fixer sur elle ni son attention, ni celle d'un public qu'il respecte. Je les réfuterai dans l'écrit plus violent, plus coupable, plus rempli de mensonges, mais moins sale de paroles du vieux Anglo-Canadien.

Page 2e: « Le représentant du roi non plus que le Conseil n'ont séparément de la Chambre aucun pouvoir sur nos bourses. » Bien, très bien, voilà la doctrine publique, elle est conforme à la loi; mais la doctrine secrète, mais la pratique différente de la théorie, ont fait violer la loi, ont fait puiser dans la bourse publique des sommes considérables réservées à la disposition future de la législature sans aucun statut qui autorisât ces usurpations de pouvoir législatif.

« Les démagogues, dont Mr. Papineau fut le principal directeur, veulent détruire des appropriations légales. » L'individu que votre fureur signale et poursuit ainsi, n'a ni plus ni moins de part aux mesures qui vous irritent, que plusieurs autres hommes distingués de la majorité, les Neilson, Vallières, Cuvilier, etc. etc. etc., qui se décident par eux-mêmes, avec autant de connaissance du sujet, et moins de préjugés et de motifs personnels que vous. Aucun d'eux n'a voulu détruire les appropriations légales. C'est dans votre doctrine extravagante qu'il n'y a plus d'appropriations légales, puisque vous revêtez un seul homme du pouvoir de distribuer à discrétion tous les revenus appropriés. S'il peut à discrétion créer et payer de nouveaux emplois avec un revenu insuffisant, il ne payera pas les anciens; s'il peut à discrétion grossier les appointements d'une classe salariée, même la moins utile, ne force-t-il pas la législature à pourvoir par de nouvelles charges à faire bon du déficit dans les appointements réduits ou supprimés des classes salariées les plus utiles? Vous direz que ces abus sont impossibles parce que son Conseil exécutif retiendrait un gouverneur qui voudrait s'y livrer. Et pourquoi porter un contre-poids nécessaire plutôt dans un Conseil dépendant, et qui partage dans le revenu, que chez les représentants du peuple qui le paye? Que si vous dites que les gouverneurs sont de si grands personnages qu'ils ne voudront jamais commettre d'abus, je dis que vous êtes un malhonnête homme qui ne pouvez le donner, sujets comme ils sont à l'erreur et à la surprise, des louanges aussi exagérées que parce que vous voulez les tromper pour les dominer. Lorsqu'on a besoin d'un supplément à un revenu limité, insuffisant, et qu'on ne peut l'avoir sans le consentement de la Chambre, il est naturel de s'attendre qu'elle mettre à son don libre et gratuit, les conditions qui empêcheront qu'il ne puisse être détourné à d'autres objets que ceux qui lui ont paru raisonnables, et elle ne pourrait jamais en assurer l'emploi fidèle et conforme à la loi, si elle admet un pouvoir discrétionnaire, puisque ce mot est incompatible avec l'idée de loi et de règle.

« Mr. Papineau, de l'avis de ses satellites dominera le gouverneur, ou sera président sous une révolution, et un despotisme intolérable sera la suite de la puissance à laquelle ils aspirent. » Impudent menteur, vous ne croyez pas un mot de ce que vous écrivez. Si les moindres indices vous laissaient espérer que vous pourriez donner quelque apparence de plausibilité à ce tissu de mensonges, ce ne serait pas par d'infâmes écrits que vous voudriez prévenir l'usurpation, ce serait par des dépositions sous serment, et l'arrestation des coupables. - Si vous en connaissez, allez à la police, si vous n'en connaissez pas, cessez de braire comme un âne vicieux et méchant.

« LA clique est égoïste, ambitieuse, appliquant l'argent public à son profit, témoin la continuation de la rue Bonsecours. » En principe, la propriété privée ne doit pas être prise pour l'utilité publique, sans indemnité. Quelles autres rues ont aussi peu coûté que celles dont vous blâmez l'achat? Une rie de soixante pieds de large sur dix à douze arpents de haut, cinq rues transversales dans la largeur de deux arpents et demi et une place publique qui a trois fois la superficie du nouveau marché, et que les magistrats ont peut-être tort de ne pas donner plus vite à l'usage des citoyens, ont été acquises pour £600 à Mr. Papineau et autant à Mr. Viger, qui ont bien voulu n'en recevoir chacun que £425, et ont laissé le surplus aux commissaires pour améliorer les rues qu'ils acquéraient. La superficie vendue par les £425, qu'ils ont reçus, valait à cette époque, d'après les ventes qui ont été effectuées dans le voisinage, au moins £1800 à chacun d'eux. Ils ont donc agit avec libéralité. Mais d'ailleurs, ont-ils forcé les commissaires à acheter d'eux? Quels moyens d'influence avaient-ils sur Messieurs Guy, McCord, Mondelet, commissaires nommés par le gouverneur. Ils ne pouvaient que dire à ces messieurs: si vous trouvez avantageux pour le public l'acquisition de ces terrains au prix que nous demandons, faites la; si vous ne la trouvez pas avantageuse, ne la faites pas. Quant aux rues améliorées dans les quartiers où la clique a de l'influence, ou bien a ses intérêts, c'est un bavardage dont vous seul êtes capable. Vous avez de l'influence dans la magistrature, et dans le choix des magistrats, la clique n'en a pas; si vous connaissez des abus dans l'emploi de la cotisation, vous y participez, et non la clique. Vos injures retombent sur vous seul et non sur elle.

« Ces parvenus, (oh! monsieur le balayeur, que mot sous votre plus!) ces parvenus ont pu créer une division religieuse parmi leurs compatriotes; ils veulent réunir les pouvoirs civils et religieux. » Des arrangements ecclésiastiques négociés avec Rome et à Londres, par le chef du clergé catholique du vaste diocèse de Québec, sans doute de l'avis de plusieurs ses prêtres, mais assurément sans l'avis ni l'intervention d'aucun laïcs, ont eu lieu; et un membre distingué du clergé canadien, élevé à l'épiscopat, semble ajouter au lustre des établissements ecclésiastiques du pays, les affermir et les consolider. Un arrangement de cette importance présentait, quant à son plus ou moins d'utilité, une foule de considérations politiques et légales qui ont pu faire naître quelque diversité d'opinions entre des citoyens également amis de la religion nationale. Quelques personnes ont paru craindre que de nouveaux établissements ne nuisissent aux anciens, auxquels l'amour et la reconnaissance nous lient étroitement et pour toujours; d'autre ont cru, au contraire, qu'ils se fortifieraient mutuellement, je le crois et je le souhaite. Mais ces circonstances n'ont pas créé de division religieuse, ni politique, ni autres, entre les Canadiens; les devoirs de la charité n'ont pas été interrompus; les liaisons de l'amitié n'ont pas été dissoutes et ne le seront pas; l'esprit public, l'esprit d'union ne sera pas affaibli parmi nous. Quelques uns sont les amis plus fortement prononcés d'un établissement que l'autre; mais tous savent que vous et votre faction êtes les ennemis acharnés des deux établissements, que vous visez à spolier l'un après l'autre, tandis que tous les cœurs et toutes les volontés des Canadiens vous opposeront une résistance qui déjouera ces projets iniques de spoliations, hélas! déjà trop avancés, pour le malheur du pays, surtout quant aux biens des Jésuites, et récemment avoués contre un autre établissement religieux, celui de tous qui peut faire le plus de bien au Canada. Vous croyez avoir jeté un brandon de discorde entre nous, par ce passage de votre écrit - erreur. Jusqu'à présent, il n'y a que le seul barbier de Mr. Richardson sur qui il ait paru faire impression, qui ait voulu en parler, et chacun a cru qu'il ne le faisait que pour rire de sa pratique: car il est goguenard cet homme, et rit de tout le monde, chacun à son tour.

« Cette faction veut produire l'insurrection. » Impudent menteur, vous ne faites punir personne! « Ils n'ont montré aucun zèle pour la défense de la province durant la guerre. » Il n'y a eu dans le pays qu'un même sentiment unanime de se défendre, excepté chez quelques individus prudents qui ont choisi ce moment pour faire la promenade d'Europe, et chez quelques Conseillers et autres officiers du gouvernement, destitués pour les écrits badins, par lesquels ils invitaient l'armée à mettre le Commandant des forces à bord d'un vaisseau pour lui faire son procès en Angleterre. Quant à cette famille des PAPINEAU et des VIGER, il y en a toujours eu quelqu'un durant la guerre entière dans les milices incorporées, et dans le moment de la levée en masse du district, elle fournissait, marchant à la frontière, plus de trente individus, parents rapporchés au moin au degré de cousin germain, sans compter ceux qui y appartenaient dans des degrés plus éloignés. Quelle est la famille des Conseillers et des favoris qui s'y soit trouvée en pareil nombre?

« Mr. Viger doit se rappeler une entrevue avec Sir George Prevost. » Oui, cet honnête homme eut le malheur de vous croire un jour, il tomba dans une erreur grossière et commit une horrible injustice. Votre faction avait elle-même excité un mouvement indiscret, et, selon votre habitude invétérée de nuire aux innocents, vous dénonciez, comme les auteurs de ce mouvement, les représentants que vous poursuivez encore par les mêmes calomnies, et que leurs compatriotes égarés et trompés sur leur compte pendant un moment, auraient alors sacrifiés à votre rage artificieuse contre eux. Mais voyez comme la fourberie retombe sur ses auteurs. Ils sont aujourd'hui respectés et chéris de leurs compatriotes, vous en êtes haï et repoussé. Si George Prevost, deux jours après son égarement, découvrit son erreur, apprit à connaître, à respecter Mr. Viger, et à vous mépriser, fit faire ses excuses, et ne se livra plus jamais à vous.

« Jonathan dépenserait-il autant d'argent que John Bull? Que le clergé y pense, il perdrait ses revenus. » Âme de boue, âme vénale, vous nous montrez les motifs de votre loyauté. Si Jonathan était le plus riche et le plus libéral, vous seriez à lui; il n'en serait pas ainsi du clergé, qui tien à ses devoirs par de plus nobles motifs que ceux de l'intérêt. Il est inutile de vous en parler, vous ne comprenez rien à ce qui est grand, noble et vertueux.

« La constitution sera ôtée. » Vous êtes fou et en enfance, mais vous n'êtes pas prophète.

« Il est déplorable de voir un honnête homme breton joint à la clique » En parlement, vous verrez avec lui trois Neilson, bon Bretons aussi et aux hustings, vous en verrez un grand nombre qui ne partagent pas vos ignobles préjugés.

« Le péage de Lachine n'a pas été renouvelé, et d'autres ont été refusés. » Le gouverneur a-t-il recommandé le renouvellement de l'acte de péage du chemin de Lachine? Mr. Richardson, et les autres commissaires dont l'administration prodigue a donné à son secrétaire des profits immodérés et dé????bles , l'ont-ils demandé? Non. Voilà ceux qui ont été les négligents. Les intéressés eux-mêmes ont été négligés. Ils ont présenté une requête qui a été reçue, référée à un comité, dont le rapport était favorable au renouvellement de l'acte, en diminuant le péage de moitié. Il n'y avait pas une voix en opposition dans la Chambre; unis lorsque l'on s'enquit si les pétitionnaires avaient rempli les formalités prescrites, de donner des avertissements dans les gazettes et à Lachine, l'on vit qu'ils ne l'avaient pas fait, et le comité fut obligé d'abandonner un travail, que la prorogation intempestive et prématurée aurait d'ailleurs empêché de compléter dans la dernière session, comme tant d'autres mesures interrompues par cette cause. Mr. Papineau a fortement appuyé la demande d'autres chemins de barrières dans le voisinage des villes.

« Ils affament l'hôpital général de Montréal, ils ont donné des sommes énormes pour des hôpitaux à Québec. » Si quelques p??? vous identifient plus que d'autres, ce sont ceux où votre haine s'exhale contre les anciens établissements nés avec le pays et grandis avec ses progrès. Ces anciens établissements ont été crées avec la sanction du législateur à l'époque de leur fondation, ils ont une existence légale, reconnue par la loi. Dans les principes religieux des neuf-dixièmes des contribuables au revenu public, ouvrir un asile aux filles pieuse qui s'y consacrent à une vie d'austérité pour le soulagement des malheureux, n'est pas seulement venir au secours de l'humanité souffrante, mais c'est conserver des institutions liées au culte de l'Église romaine. Quand l'on a fondé l'hôpital de Montréal, a-t-on demandé la sanction ou le patronage de la législature? Non, l'on a annoncé une entreprise utile qui devait être soutenue par des contributions volontaires. Honneur et reconnaissance à toutes les personnes bienveillantes qui y ont contribué. ...

... (page 16 à 26)

Celui qui vous répond est l'ami de ses co-sujets de quelque origine qu'ils soient, qui sont assez raisonnables pour aimer un gouvernement constitutionnel, aimer l'empire des lois et pour abhorrer le pouvoir arbitraire. Ils sont bons sujets comme l'est

UN LOYAL CANADIEN.


FIN.