« Manifeste du Club national démocratique » : différence entre les versions

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Mais est-ce parce que nous rencontrerons de ces hommes en quelque sorte rétrogrades par manie, que nous devrons taire les principes dont l'application aura pour conséquence nécessaire l'avantage des masses?... Est-ce parce qu'on tentera de défigurer la cause du peuple que nous devrons l'abandonner, et cela de peur d'être compris dans l'ostracisme dont tout pouvoir despotique s'efforce de frapper les tentatives de liberté? Jamais. - Nous aimons nos croyances démocratiques, parce que nous les fondons sur des convictions justes et honnêtes; nous avons la volonté et le désir de travailler avec ordre et énergie à l'amélioration de notre système politique; et dès lors rien ne nous fera reculer, rien ne nous fera chanceler.
Mais est-ce parce que nous rencontrerons de ces hommes en quelque sorte rétrogrades par manie, que nous devrons taire les principes dont l'application aura pour conséquence nécessaire l'avantage des masses?... Est-ce parce qu'on tentera de défigurer la cause du peuple que nous devrons l'abandonner, et cela de peur d'être compris dans l'ostracisme dont tout pouvoir despotique s'efforce de frapper les tentatives de liberté? Jamais. - Nous aimons nos croyances démocratiques, parce que nous les fondons sur des convictions justes et honnêtes; nous avons la volonté et le désir de travailler avec ordre et énergie à l'amélioration de notre système politique; et dès lors rien ne nous fera reculer, rien ne nous fera chanceler.
Y a-t-il présomption ou entêtement puéril dans cette fixité de but, dans cette assurance de marche?... Nous ne le croyons pas. Si nous voulons le règne du peuple, c'est parce que Dieu et la raison l'ont voulu avant nous. Si nous demandons l'extension des principes démocratiques, c'est parce qu'ils sont essentiellement appuyés sur le droit et la justice.
Et qui donc pourrait nous nier cette légitimité de la cause que nous défendons?... Les notions les plus simples des motifs qui réunirent les hommes en société, nous disent, que plus le pouvoir du peuple est élargi, et plus la société se rapproche du but pour lequel les hommes l'établirent, c'est-à-dire l'avantage et le bonheur de tous. Or, ceci étant, chaque fois qu'un pouvoir s'écarte de ce principe d'intérêt particulier, il viole le droit du plus grand nombre; il s'attaque donc à la base même de la société; et il n'est donc plus un pouvoir légitime, puisqu'il renverse l'ordre établi par la communauté des hommes, ordre qu'il est chargé de conserver et de garder, non pas de nier et de fouler aux pieds.
De ces principes fondamentaux, nous concluons que tout pouvoir qui remplit ces conditions essentielles du pacte social est légitime et régulier; que tout pouvoir qui s'en écarte devient par là même arbitraire et illégal.
Ces principes généraux, proclamés par la nature même des conventions qui réunissent les hommes en société, suffisent pleinement pour nous démontrer la légitimité des révolutions démocratiques du jour. Aussi c'est à l'arbitrage de la raison, du droit et de l'immuable vérité que nous soumettons le jugement de la cause des nations vis-à-vis de leurs gouvernements. Dès-lors, qu'elle est la voix sainte, calme et impartiale qui puisse condamner le peuple, ce martyr de dix siècles, alors que soulevant sa poitrine brisée par une longue oppression, il veut enfin respirer à pleins poumons cet air de liberté qui doit sécher les sueurs de son travail, qui doit humecter la sécheresse de sa vie? Puis, nous le demandons encore à ce même tribunal?... Quel est le potentat légitime?... Est-ce la masse entière d'un peuple, demandant pouvoir et liberté au nom de Dieu et du droit naturel? Ou bien est-ce l'homme isolé, soutenant son privilège de tyrannie, sa patente d'oppression, par droit de lignée et d'hérédité?
Il est moralement impossible qu'on ne fasse point cette réponse dictée par le sens commun: « C'est l'individu qui a tort; c'est le million d'hommes qui a droit » .......
Allant plus loin, nous maintiendrons que déjà aujourd'hui tout pouvoir monarchique ne peut que nuire au progrès social. Et ceci résulte non seulement, comme l'avons déjà observé, de la nature même de la société, mais aussi de ce fait éclatant du jour, savoir: que les transactions, le commerce et l'industrie des peuples du siècle réclamant de plus en plus énergiquement la ''popularisation'' du pouvoir. Il faut que chaque individu compte pour une partie intéressée de la société; il faut qu'il ait ses droits de citoyen; et ceci n'est que justice, n'est que raison, vu que dans le temps actuel chaque homme travaille dans sa sphère pour lui-même d'abord et par suite pour la société; vu que chaque homme est producteur aussi bien que consommateur; axiomes qui, pour l'esprit sérieux et libéral, doivent évidemment avoir pour corollaire l'extension de la liberté civique de tous et chacun des membres du corps social.
Avec un système prohibitif pour la liberté des peuples, l'histoire vous dira combien rapidement doit s'affaiblir une nation, tandis qu'elle vous dira aussi comment de larges et fortes libertés pourront créer en 50 ans un des plus forts peuples du globe. Espagne et États-Unis!..... voilà deux sujet d'enseignements profonds pour tout homme qui voudra établir un parallèle entre un gouvernement populaire et un gouvernement monarchique, non-seulement sous le rapport du droit, mais aussi sous celui du développement de la prospérité nationale.
Maintenant nous dirons aux hommes qui veulent encore le sommeil empoisonné du peuple dans la fange délétère des institutions du moyen-âge: touchez donc du doit les mondes qui séparent cette époque de la nôtre, et ensuite dites-nous si ce bon vieux temps est encore possible.
En effet, alors que les nations étaient coulées dans le moule du régime féodal; alors qu'un roi pouvait dire impunément: « l'État c'est moi; » alors que le noble destrier du gendarme, ou l'éperon du chevalier, comptaient comme une partie beaucoup plus intéressante de la société, que la personne du vilain ou du serf, nous comprenons l'essence d'un pouvoir monarchique dans toute sa beauté, dans toute sa justice.
Mais aujourd'hui, menuailles et vilains sont disparus aussi bien que preux chevaliers; les peuples se sont mis à mesurer les distances inviolables, disait-on, qui séparaient le trône du roi de la chaise du peuple, et alors celui-ci s'est enfin aperçu qu'il n'y avait entre les deux pouvoirs que des abîmes de mirage, que des distances de panoramas! Vous le savez, le peuple n'a plus qu'à tendre la main, et des couronnes sur lesquelles dix siècles s'étaient usés se sont trouvées en poudre dans 24 heures. Dès lors, ces hommes là sont aveugles, qui, niant cette œuvre de leur siècle, s'efforcent de transporter au sommet de la montagne les institutions surannées des lustres écoulés, comme s'ils pouvaient limiter le déluge intellectuel de la démocratie, comme s'ils avaient mesuré la hauteur où le flot doit s'arrêter.
Toutes les entraves dont vous vous efforcerez d'enlacer l'enfant-géant, maintenant qu'il connaît sa force, ne seront que des fils qu'il brisera en souriant. - Puis, chaque siècle a son œuvre à faire, et malheur à ceux qui veulent perpétuer cette de siècle en siècle. Selon l'admirable parole de Chateaubriand: « On ne fait point reculer les générations qui s'avancent en leur jetant à la tête des fragments de ruine et des débris de tombeaux. Les insensés qui prétendent mener le passé au combat contre l'avenir sont les victimes de peur témérité: les siècles en s'abordant les écrasent. » - Puis, dites-nous le, n'est-ce pas une perturbation de l'ordre naturel que cette barrière jetée au-devant de la démocratie?... Pourquoi vouloir détourner le fleuve du lit qu'il se creuse?... Laissez donc couler son flot, et soyez persuadés qu'il est dans l'ordre qu'il se rende à l'océan! Ensuite, nous le répéterons: Ne cherchez pas d'identité entre cette époque du monde qui a nom moyen-âge, et cette autre période qui s'appelle le XIX siècle. Voyez donc en deux mots la différence essentielle qui existe entre ces deux époques. Au moyen âge que voyez-vous?... L'individu gouvernant sous le nom de roi, des nations dont la seule destinée semble être de vivre, de souffrir et de mourir sous le poids d'un pouvoir qui prétend tenir ses privilèges de la divinité. C'est encore le même individu décimant à son bon plaisir la vie de ses sujets, ou leur suçant un impôt, dont le produit devra engraisser la cour royale, ce cloaque de dégradation morale dans laquelle disent les vieux historiens du temps, se passaient journellement ''moultes vilennies et saletés''.
Aujourd'hui, au contraire, c'est la main de la démocratie qui raye partout ce mot de roi, croulant de vétusté. Puis, c'est le principe du pouvoir électif admis sur la base la plus large, et reconnu comme guide de tout gouvernement populaire. Que voyez-vous encore au moyen âge?... Des majestueuses basiliques, d'immenses abbayes, élevées à force de ''tailler et de mortailler'' les vilains. Aujourd'hui, c'est la masse d'un peuple qui contribue à creuser des canaux, à tracer des chemins de fer, à ouvrir des routes électriques, qui auront pour effet de multiplier la prospérité de toute la société. ...

Version du 28 juillet 2008 à 16:22


Manifeste du Club national démocratique
des presses de L'Avenir
Montréal, 1849.



LES MEMBRES DU CLUB NATIONAL DÉMOCRATIQUE, À LEUR COMPATRIOTES.

En venant exposer aujourd'hui à nos compatriotes l'idée première qui présida à la formation du CLUB NATIONAL DÉMOCRATIQUE; en développant le sommaire des principes que nous avons établis comme devant nous servir de boussole dans notre marche; nous croyons remplir envers le peuple le double devoir que nous imposent et notre qualité de démocrates et notre titre de canadiens. Or, voici en quoi consiste, selon nous, cette double obligation.

Comme démocrates, nous devons à notre conscience aussi bien qu'à la légitimité de la cause que nous jurons de défendre toute notre vie, de soutenir constamment et sans déguisement toute idée et tout fait tendant au perfectionnement de l'état politique et matériel des peuples. D'après le même principe, nous devrons aussi combattre les obstacles, quels qu'ils soient et de quelque part qu'ils viennent, dès lors qu'ils pourraient nuire à l'accomplissement de la grande œuvre de régénération qu'il est donné à notre siècle d'accomplir.

Ensuite, comme canadiens, nous devons à notre coeur aussi bien qu'à l'attachement que nous conservons pour notre origine d'appuyer toujours et dans tout, les sentiments et les actions qui auront pour point de mire la conservation de notre nationalité, le progrès moral et intellectuel de nos compatriotes. Et ici, disons-le en passant, nous prévoyons déjà l'opposition qu'on voudra nous susciter, nous entendons déjà les paroles de colères et de haine qu'on pourra nous adresser. - Au tout nous répondrons, qu'en proclamant les principes purs et sacrés de la démocratie, nous nous attendions à entendre retentir à nos oreilles les cris discordants de nos antiquaires politiques, de ces hommes pour lesquels l'ordre consiste dans la conservation sur toutes choses de la poussières d'un autre âge, de ces hommes dont les maximes et la conduite suintent journellement les principes fangeux et croupis du servilisme et du statu quo politique.

Mais est-ce parce que nous rencontrerons de ces hommes en quelque sorte rétrogrades par manie, que nous devrons taire les principes dont l'application aura pour conséquence nécessaire l'avantage des masses?... Est-ce parce qu'on tentera de défigurer la cause du peuple que nous devrons l'abandonner, et cela de peur d'être compris dans l'ostracisme dont tout pouvoir despotique s'efforce de frapper les tentatives de liberté? Jamais. - Nous aimons nos croyances démocratiques, parce que nous les fondons sur des convictions justes et honnêtes; nous avons la volonté et le désir de travailler avec ordre et énergie à l'amélioration de notre système politique; et dès lors rien ne nous fera reculer, rien ne nous fera chanceler.

Y a-t-il présomption ou entêtement puéril dans cette fixité de but, dans cette assurance de marche?... Nous ne le croyons pas. Si nous voulons le règne du peuple, c'est parce que Dieu et la raison l'ont voulu avant nous. Si nous demandons l'extension des principes démocratiques, c'est parce qu'ils sont essentiellement appuyés sur le droit et la justice.

Et qui donc pourrait nous nier cette légitimité de la cause que nous défendons?... Les notions les plus simples des motifs qui réunirent les hommes en société, nous disent, que plus le pouvoir du peuple est élargi, et plus la société se rapproche du but pour lequel les hommes l'établirent, c'est-à-dire l'avantage et le bonheur de tous. Or, ceci étant, chaque fois qu'un pouvoir s'écarte de ce principe d'intérêt particulier, il viole le droit du plus grand nombre; il s'attaque donc à la base même de la société; et il n'est donc plus un pouvoir légitime, puisqu'il renverse l'ordre établi par la communauté des hommes, ordre qu'il est chargé de conserver et de garder, non pas de nier et de fouler aux pieds.

De ces principes fondamentaux, nous concluons que tout pouvoir qui remplit ces conditions essentielles du pacte social est légitime et régulier; que tout pouvoir qui s'en écarte devient par là même arbitraire et illégal.

Ces principes généraux, proclamés par la nature même des conventions qui réunissent les hommes en société, suffisent pleinement pour nous démontrer la légitimité des révolutions démocratiques du jour. Aussi c'est à l'arbitrage de la raison, du droit et de l'immuable vérité que nous soumettons le jugement de la cause des nations vis-à-vis de leurs gouvernements. Dès-lors, qu'elle est la voix sainte, calme et impartiale qui puisse condamner le peuple, ce martyr de dix siècles, alors que soulevant sa poitrine brisée par une longue oppression, il veut enfin respirer à pleins poumons cet air de liberté qui doit sécher les sueurs de son travail, qui doit humecter la sécheresse de sa vie? Puis, nous le demandons encore à ce même tribunal?... Quel est le potentat légitime?... Est-ce la masse entière d'un peuple, demandant pouvoir et liberté au nom de Dieu et du droit naturel? Ou bien est-ce l'homme isolé, soutenant son privilège de tyrannie, sa patente d'oppression, par droit de lignée et d'hérédité?

Il est moralement impossible qu'on ne fasse point cette réponse dictée par le sens commun: « C'est l'individu qui a tort; c'est le million d'hommes qui a droit » .......

Allant plus loin, nous maintiendrons que déjà aujourd'hui tout pouvoir monarchique ne peut que nuire au progrès social. Et ceci résulte non seulement, comme l'avons déjà observé, de la nature même de la société, mais aussi de ce fait éclatant du jour, savoir: que les transactions, le commerce et l'industrie des peuples du siècle réclamant de plus en plus énergiquement la popularisation du pouvoir. Il faut que chaque individu compte pour une partie intéressée de la société; il faut qu'il ait ses droits de citoyen; et ceci n'est que justice, n'est que raison, vu que dans le temps actuel chaque homme travaille dans sa sphère pour lui-même d'abord et par suite pour la société; vu que chaque homme est producteur aussi bien que consommateur; axiomes qui, pour l'esprit sérieux et libéral, doivent évidemment avoir pour corollaire l'extension de la liberté civique de tous et chacun des membres du corps social.

Avec un système prohibitif pour la liberté des peuples, l'histoire vous dira combien rapidement doit s'affaiblir une nation, tandis qu'elle vous dira aussi comment de larges et fortes libertés pourront créer en 50 ans un des plus forts peuples du globe. Espagne et États-Unis!..... voilà deux sujet d'enseignements profonds pour tout homme qui voudra établir un parallèle entre un gouvernement populaire et un gouvernement monarchique, non-seulement sous le rapport du droit, mais aussi sous celui du développement de la prospérité nationale.

Maintenant nous dirons aux hommes qui veulent encore le sommeil empoisonné du peuple dans la fange délétère des institutions du moyen-âge: touchez donc du doit les mondes qui séparent cette époque de la nôtre, et ensuite dites-nous si ce bon vieux temps est encore possible.

En effet, alors que les nations étaient coulées dans le moule du régime féodal; alors qu'un roi pouvait dire impunément: « l'État c'est moi; » alors que le noble destrier du gendarme, ou l'éperon du chevalier, comptaient comme une partie beaucoup plus intéressante de la société, que la personne du vilain ou du serf, nous comprenons l'essence d'un pouvoir monarchique dans toute sa beauté, dans toute sa justice.

Mais aujourd'hui, menuailles et vilains sont disparus aussi bien que preux chevaliers; les peuples se sont mis à mesurer les distances inviolables, disait-on, qui séparaient le trône du roi de la chaise du peuple, et alors celui-ci s'est enfin aperçu qu'il n'y avait entre les deux pouvoirs que des abîmes de mirage, que des distances de panoramas! Vous le savez, le peuple n'a plus qu'à tendre la main, et des couronnes sur lesquelles dix siècles s'étaient usés se sont trouvées en poudre dans 24 heures. Dès lors, ces hommes là sont aveugles, qui, niant cette œuvre de leur siècle, s'efforcent de transporter au sommet de la montagne les institutions surannées des lustres écoulés, comme s'ils pouvaient limiter le déluge intellectuel de la démocratie, comme s'ils avaient mesuré la hauteur où le flot doit s'arrêter.

Toutes les entraves dont vous vous efforcerez d'enlacer l'enfant-géant, maintenant qu'il connaît sa force, ne seront que des fils qu'il brisera en souriant. - Puis, chaque siècle a son œuvre à faire, et malheur à ceux qui veulent perpétuer cette de siècle en siècle. Selon l'admirable parole de Chateaubriand: « On ne fait point reculer les générations qui s'avancent en leur jetant à la tête des fragments de ruine et des débris de tombeaux. Les insensés qui prétendent mener le passé au combat contre l'avenir sont les victimes de peur témérité: les siècles en s'abordant les écrasent. » - Puis, dites-nous le, n'est-ce pas une perturbation de l'ordre naturel que cette barrière jetée au-devant de la démocratie?... Pourquoi vouloir détourner le fleuve du lit qu'il se creuse?... Laissez donc couler son flot, et soyez persuadés qu'il est dans l'ordre qu'il se rende à l'océan! Ensuite, nous le répéterons: Ne cherchez pas d'identité entre cette époque du monde qui a nom moyen-âge, et cette autre période qui s'appelle le XIX siècle. Voyez donc en deux mots la différence essentielle qui existe entre ces deux époques. Au moyen âge que voyez-vous?... L'individu gouvernant sous le nom de roi, des nations dont la seule destinée semble être de vivre, de souffrir et de mourir sous le poids d'un pouvoir qui prétend tenir ses privilèges de la divinité. C'est encore le même individu décimant à son bon plaisir la vie de ses sujets, ou leur suçant un impôt, dont le produit devra engraisser la cour royale, ce cloaque de dégradation morale dans laquelle disent les vieux historiens du temps, se passaient journellement moultes vilennies et saletés.

Aujourd'hui, au contraire, c'est la main de la démocratie qui raye partout ce mot de roi, croulant de vétusté. Puis, c'est le principe du pouvoir électif admis sur la base la plus large, et reconnu comme guide de tout gouvernement populaire. Que voyez-vous encore au moyen âge?... Des majestueuses basiliques, d'immenses abbayes, élevées à force de tailler et de mortailler les vilains. Aujourd'hui, c'est la masse d'un peuple qui contribue à creuser des canaux, à tracer des chemins de fer, à ouvrir des routes électriques, qui auront pour effet de multiplier la prospérité de toute la société. ...