« Option Québec » : différence entre les versions
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== En guise d'avant-propos== | == En guise d'avant-propos - À l'heure du choix== | ||
''On est tout à fait un homme social, digne de ce nom, que si l'on a une patrie qui vous soit propre et que nul ne vous puisse contester. Le plus souvent naît dans une patrie; mais souvent aussi il faut, hélas, la conquérir.'' - Jacques Madaule | |||
En octobre dernier, nous quittions le Parti libéral du Québec. | |||
Six mois plus tôt, nous étions une vingtaine réunis dans une auberge du Mont-Tremblant pour faire le point, entre nous, sur la question constitutionnelle. À travers de nombreux incidents, dont la presse a largement fait état et qu'il n'y a pas lieu d'analyser ici, nous avons poursuivi recherches et réflexions qui devaient nous conduire à une option susceptible de réconcilier la réalité de l'interdépendance avec les exigences de la souveraineté politique nécessaire au développement des nations modernes, où l'État joue un si grand rôle dans la vie économique, sociale et culturelle des peuples. | |||
Cette option pour un Québec souverain, associé au reste du Canada dans une nouvelle union, fait l'objet des textes que nous avons réunis dans ce petit livre à l'intention de tous ceux qu'il s'interrogent aujourd'hui sur l'avenir du Québec et du Canada. | |||
Il ne s'agit pas d'un programme électoral. On ne trouvera pas dans cet ouvrage de réponse à tout. Mais on y trouvera un esprit et une option. | |||
Nous sommes, croyons-nous, à l'heure du choix. | |||
Un choix inéluctable qu'il nous faut avoir le courage d'envisager, sans nous perdre dans de vaines querelles de mots, de formules ou de personnalités. | |||
La crise constitutionnelle canadienne n'est pas « une invention »... Non seulement elle existe, mais elle va sans cesse s'aggravant et approche du point d'ébullition. | |||
Même ceux que cela dérange, même ceux à qui cela fait peur doivent se rappeler que c'est le Québec qui a déclenché cette crise - et que c'est lui aussi, par conséquent, qui doit trouver en lui-même la lucidité et le courage d'en amorcer le dénouement. | |||
De quoi s'agit-il? Du droit de vivre sa vie, du droit de vivre notre vie; droit à la vie des hommes, qu'ils soient faibles ou puissants; droit à la vie des peuples ou des nations, quelle que soit leur taille. | |||
Comme Fernand Dumont, directeur de l'Institut des sciences humaines de l'Université Laval, nous croyons « à la vertu des petites nations », et nous revendiquons pour la nôtre le droit à la vie. | |||
Cette vie que nous voulons vivre est celle d'hommes libres dont nous voulons assumer pleinement la responsabilité; à moins d'être un enfant, on n'a pas le droit d'abdiquer cette responsabilité-là, de la troquer pour quelque tutelle que ce soit, si confortable soit-elle. | |||
Mais cette vie, rien ne nous empêche de vouloir la vivre pleinement tout en l'associant naturellement à celle des autres, celle des autres hommes, celle des autres peuples, d'égal à égal. | |||
C'est là ce que nous proposons aux Canadiens. | |||
Quant à nous, nous ne voyons pas d'autre solution, non pas en désespoir de cause, mais à cause de l'espoir! | |||
Cet espoir fondé sur la conviction que les peuples libres, comme les hommes, peuvent s'unir pour bâtir cette nouvelle société qui réponde à leurs besoins, pour édifier la cité libre de demain. | |||
Nous avons un pays à construire, et il nous reste peu de temps pour le faire. | |||
Roch Banville, Rosaire Beaule, Gérard Bélanger, Jean R. Boivin, Marc Brière, Pothier Ferland, Maurice Jobin, René Lévesque, Monique Marchand, Guy Pelletier, Réginald Savoie | |||
== Préface == | == Préface == | ||
Version du 19 novembre 2007 à 05:10
En guise d'avant-propos - À l'heure du choix
On est tout à fait un homme social, digne de ce nom, que si l'on a une patrie qui vous soit propre et que nul ne vous puisse contester. Le plus souvent naît dans une patrie; mais souvent aussi il faut, hélas, la conquérir. - Jacques Madaule
En octobre dernier, nous quittions le Parti libéral du Québec.
Six mois plus tôt, nous étions une vingtaine réunis dans une auberge du Mont-Tremblant pour faire le point, entre nous, sur la question constitutionnelle. À travers de nombreux incidents, dont la presse a largement fait état et qu'il n'y a pas lieu d'analyser ici, nous avons poursuivi recherches et réflexions qui devaient nous conduire à une option susceptible de réconcilier la réalité de l'interdépendance avec les exigences de la souveraineté politique nécessaire au développement des nations modernes, où l'État joue un si grand rôle dans la vie économique, sociale et culturelle des peuples.
Cette option pour un Québec souverain, associé au reste du Canada dans une nouvelle union, fait l'objet des textes que nous avons réunis dans ce petit livre à l'intention de tous ceux qu'il s'interrogent aujourd'hui sur l'avenir du Québec et du Canada.
Il ne s'agit pas d'un programme électoral. On ne trouvera pas dans cet ouvrage de réponse à tout. Mais on y trouvera un esprit et une option.
Nous sommes, croyons-nous, à l'heure du choix.
Un choix inéluctable qu'il nous faut avoir le courage d'envisager, sans nous perdre dans de vaines querelles de mots, de formules ou de personnalités.
La crise constitutionnelle canadienne n'est pas « une invention »... Non seulement elle existe, mais elle va sans cesse s'aggravant et approche du point d'ébullition.
Même ceux que cela dérange, même ceux à qui cela fait peur doivent se rappeler que c'est le Québec qui a déclenché cette crise - et que c'est lui aussi, par conséquent, qui doit trouver en lui-même la lucidité et le courage d'en amorcer le dénouement.
De quoi s'agit-il? Du droit de vivre sa vie, du droit de vivre notre vie; droit à la vie des hommes, qu'ils soient faibles ou puissants; droit à la vie des peuples ou des nations, quelle que soit leur taille.
Comme Fernand Dumont, directeur de l'Institut des sciences humaines de l'Université Laval, nous croyons « à la vertu des petites nations », et nous revendiquons pour la nôtre le droit à la vie.
Cette vie que nous voulons vivre est celle d'hommes libres dont nous voulons assumer pleinement la responsabilité; à moins d'être un enfant, on n'a pas le droit d'abdiquer cette responsabilité-là, de la troquer pour quelque tutelle que ce soit, si confortable soit-elle.
Mais cette vie, rien ne nous empêche de vouloir la vivre pleinement tout en l'associant naturellement à celle des autres, celle des autres hommes, celle des autres peuples, d'égal à égal.
C'est là ce que nous proposons aux Canadiens.
Quant à nous, nous ne voyons pas d'autre solution, non pas en désespoir de cause, mais à cause de l'espoir!
Cet espoir fondé sur la conviction que les peuples libres, comme les hommes, peuvent s'unir pour bâtir cette nouvelle société qui réponde à leurs besoins, pour édifier la cité libre de demain.
Nous avons un pays à construire, et il nous reste peu de temps pour le faire.
Roch Banville, Rosaire Beaule, Gérard Bélanger, Jean R. Boivin, Marc Brière, Pothier Ferland, Maurice Jobin, René Lévesque, Monique Marchand, Guy Pelletier, Réginald Savoie