Lord Durham et ses détracteurs

De La Bibliothèque indépendantiste
Sauter à la navigation Sauter à la recherche


Lord Durham et ses assaillants
London and Westminster, VII & XXIX (août, 1838), 507-12 (2e éd. seulement).



Nous nous saisissons de la demande d'un seconde édition du présent numéro de notre Revue pour émettre quelques brefs commentaires sur la guerre de mots factieuse, malséante et en tout point discréditable/indigne qui s'est déroulée dans les chambres des Communes et des Lords concernant les ordonnances de Lord Durham1.

Il y a deux façons d'évaluer l'acte d'un fonctionnaire public. La considération peut porter soit sur les mérites, soit sur la procédure. La question à débattre peut-être de savoir si l'acte est juste en lui-même — le moyen le plus souhaitable d'atteindre les fins visées — et qui conséquemment soit est légal, ou s'il ne l'est pas devrait l'être dans le plus brefs délais, ou alors l'objection peut porter sur les mots de la commission de l'officier public — les limites auxquelles ses pouvoirs ont été soumis, les formes et précautions dont on l'a entouré, non pas pour affaiblir son autorité à faire le bien (bien que cela puisse en occasionner l'effet), mais pour l'empêcher de viser le mal.

Maintenant, lorsqu'un homme a été choisi pour exercer une nouveau poste; pour faire une chose nouvelle, dans des circonstances nouvelles — que vous, au nom desquels il agit, ne connaissez pas, ne pouvez connaître et n'avez pas la prétention de connaître, encore moins d'anticiper; — lorsque cette nouvelle chose, qu'on l'a envoyé faire à l'autre bout du globe, est jugée si difficile, si délicate, si susceptible d'être frustrée si on l'oppose, que pour l'accomplir toute les autres autorités constituées du pays doivent être supprimées, tous les lieux de discussion publique fermés, toute possibilité d'action contraire écartée, à tout prix, même celui de la constitution représentative d'un peuple libre; sous laquelle des deux lumières dont nous venons de parler est-il convenable d'évaluer, en premier lieu, les mesures de cet officier? Et même alors, indubitablement, leurs mérites substantiels ne devraient pas être la seule considération; même alors, en plus de considérer si ce qu'il a fait est juste, il faut considérer également s'il avait le pouvoir de le faire. Mais y a-t-il des mots capables d'exprimer le mépris que mérite une façon de traiter des affaires d'une haute importante publique qui fasse de cette dernière son unique considération? qui mélange la première considération en elle? qui passe par dessus la question de savoir si ce que Lord Durham a fait est une chose qui se devait d'être faite — si cette chose, dans les circonstances qu'il a été mis en fonction pour traiter, la chose même qu'il aurait du recevoir le pouvoir de faire, dont on aurait du s'attendre à le voir faire, qu'il aurait du être encouragé à faire — et subordonne la conservation des Canadas et la réconciliation de deux partis aigris, dernièrement occupés à verser le sang de l'un et l'autre, à la considération de savoir si ce que Lord Durham pouvait légalement punir, il pouvait le punir de trahison, et si des hommes qu'il pouvait légalement punir, il pouvait légalement punir aux Bermudes.

Avec des hommes meaning honestly, et ayant l'intellect d'hommes d'État au lieu de frivoles ou de pédants juridiques, la question aurait en premier lieu été débattue seulement sur la base de la justice substantielle et de la politique. Aurait été consciencieusement examinée, après coup, la question de savoir si Lord Durham avait dépassé les bornes de ses pouvoirs, afin que s'il l'eut fait et que conséquemment ses actes fussent en manque de validité légale, que cette validité légale puisse leurs être donné; et que l'objectif pour lequel ses pouvoirs ont été créé ne soit pas mis en échec par une quelconque erreur technique de sa part, ou par une bévue dans les termes d'après lesquels il en a été investi. Car si, sous la pression d'une nécessité alléguée, vous avez confisqué la constitution d'un peuple libre et écarté tous les principes reconnus d'un gouvernement constitutionnel, de façon à permettre à Lord Durham d'accomplir cet objectif, et s'il devait s'avérer que par ce sacrifice coûteux vous n'aller pas accomplir cet objectif, n'aller pas permettre à Lord Durham d'adopter les moyens qui conduisent le mieux à l'atteindre, que plaira-t-il à votre sagesse d'accomplir ensuite? De plier et d'abandonner l'atteinte de l'objectif? Ou peut-être vous viendra-t-il à l'esprit par chance que si l'on peut de force faire céder les plus chères privilèges d'un demi-million d'êtres humains nés libres devant l'exigence de la situation, quelques gentils scrupules à propos de l'empiétement sur l'autorité du Parlement peuvent l'être tout autant? Cela en vient, n'est-il pas, à être trop avare de sa propre « petite et brève autorité2 », lorsque vous avez traité avez autant de légèreté, dans le même cas, des droits constitutionnels les plus sacrés de tous les autres?

Écartant cette façon chicanière de traiter le sujet, tournons-nous vers les questions véritablement importante. Qu'a vraiment fait Lord Durham? Et était-ce une chose convenable à faire, ou que l'on peut présumer convenable à faire, dans les circonstances?

Parmi toutes ces nombreuses envolées oratoires à propos de la simple forme des procédés de Lord Durham, à propos de l'énormité de l'empiétement allégué de ses pouvoirs, ce n'est qu'au moyen d'une seule figure de rhétorique qu'on a lancé une quelconque imputation sur la substance de l'ordonnance; l'appel ad invidiam reposait entièrement sur une description erronée. On l'a appelé une ordonnance pour mettre des hommes à mort sans procès.

Mais sans procès! N'était-il pas, au contraire, spécifié distinctement dans l'ordonnance, qu'il devrait y avoir un procès? No pas, effectivement, pour rébellion; l'ordonnance porte sur l'amnistie de la rébellion; amnistie aux hommes qu'elle bannie, autant qu'à ceux qu'elle libère. N'étant pas puni pour rébellion, il est plutôt inutile qu'ils subissent un procès pour rébellion. La punition dénoncée par l'ordonnance est la punition en cas de violation de l'ordonnance; c'est la sanction qui doit accompagnée toute promulgation prohibitive. L'ordonnance n'est pas un acte juridique, c'est une acte législatif; elle ne vise pas à punir des hommes pour leur conduite passée, elle vise à restreindre leur conduite future; elle ne leur impute aucune culpabilité; elle n'a rien à voir avec leur culpabilité, elle ne traite que des conséquence d'être en liberté dans la colonie.

Maintenant nous affirmons, sans crainte d'être contredit par quiconque connaît même les notions les plus élémentaires des affaires humaines, que si un homme est nommé pour rétablir la tranquillité dans un pays après la guerre, et si cette personne n'a pas le pouvoir d'ordonner que vingt-trois hommes, fussent-il les citoyens les plus vertueux du pays, s'en absente jusqu'à ce que leur retour soit jugé compatible avec la sécurité publique et peu susceptible de troubler les esprits — alors la nomination de cette personne est une moquerie, et s'il est un homme sensé, il a été induit à accepter le poste par une fraude disgracieuse.

Nous sommes curieux de savoir quelle idée les assaillants de Lord Durham se sont fait de l'état dans lequel se trouve un pays où une insurrection vient juste d'être matée par la force; ou de la nature du travail qui doit amener sa pacification. Notre opinion sur la conduite qui a provoqué l'insurrection est bien connu; Notre sympathie ne va incontestablement pas aux vainqueurs; dans cette triste lutte, elle va aux vaincus. Cependant, ils ont été vaincus; sur provocation, suffisante ou insuffisante, ils se sont jeté sur le sentier de la guerre et ont échoué. Lord Durham a ensuite été envoyé là-bas pour panser les plaies. Nous présumons que personne ne s'attendait à ce qu'il débute ce travail en renversant complètement l'état de choses qu'il a trouvé à son arrivée; en faisant des vaincus les vainqueurs et des vainqueurs les vaincus; en stimulant les sentiments du triomphe chez le parti défait, l'indignation amère et le ressentiment chez le parti qui prédomine actuellement. Son rôle n'était pas de stimuler mais de calmer tous les sentiments soit de triomphe ou de mortification. Sa fonction était celle d'un conciliateur — d'un médiateur. Ce n'était pas son affaire de décider qui avait le plus raison et qui avait le plus tort, dans le conflit précédent; mais comment prévenir tout conflit futur. C'était son devoir d'éviter d'irriter tout parti, de ne rien faire qui puisse être interprété par l'un ou l'autre des partis comme un déclaration en sa faveur; de formuler chacun ses procédés de façon à ne pas gêner, chez les deux partis, le retour à un état d'esprit tranquille, dans lequel il soit possible de satisfaire les deux en concédant, dans les demandes de l'un et l'autre, ce qui est vraiment juste et rien d'autre.

Maintenant, sans prétendre discuter l'état d'esprit actuel au Canada, dont, tout comme la plupart de nos lecteurs, nos sommes trop éloigné pour juger; Nous affirmons qu'il est abstraitement impossible, qu'en aucun pays, les chefs d'un parti populaire qui vient juste de tenter l'insurrection soit en liberté au pays sans retarder le progrès de l'esprit public vers cet état de tranquillité et de raisonnabilité. Monsieur Papineau et quelques autres nommés dans l'ordonnance peuvent ne pas avoir participé à l'insurrection; ou peut-être peuvent-ils y avoir participé et peuvent néanmoins être les plus droits et plus purs patriotes qui soient dans la colonie. Tout ça n'a rien à voir avec la question; ils sont les chefs d'un parti insurgé, et comme tels, leur absence est nécessaire, aussi longtemps que leur présence fera entrave à la réconciliation des partis, qui, maintenant que leur parti a été battu, est la plus désirable chose qu'il reste à faire, même pour eux-mêmes. La mesure en est une ostracisme, non de punition: ils sont bannis parce qu'ils sont dangereux, non parce qu'ils sont des criminels. Mais s'ils doivent être bannis, il doit y avoir une pénalité pour revenir d'exil, et la pénalité est capitale, car c'est la pénalité habituelle pour les offenses contre l'État; et il est convenable qu'il en soit ainsi, puisque toute pénalité inférieure pourrait être une prime à l'offense, tandis qu'en infligeant la pénalité la plus élevée de toutes, il ne devient pas nécessaire l'infliger réellement.

Si en effet il y avait le moindre appui à la supposition que même un seul de ces vingt-trois hommes était exilé pour toujours; s'il n'était pas évident par toute la teneur de l'ordonnance, de même que tout ce qui est connu de Lord Durham, ses conseillers et ses objectifs, que le seul objet de l'ordonnance est, dans les mots mêmes de l'ordonnance: « de pourvoir à la sécurité immédiate de cette province » [p. 914]; si la porte n'était pas intentionnellement grande ouverte pour laisser même Monsieur Papineau lui-même revenir demain, s'il devait se montrer capable de convaincre Lord Durham que son influence serait utilisé pour restaurer la paix dans l'esprit public au lieu de le perturber; nous pourrions alors comprendre les invectives passionnées de Monsieur Leader, qui pour le moment nous sont tout aussi inintelligibles qu'elles sont lamentables pour lui3.

Monsieur Leader ne peut pas jusqu'ici croire que nos sentiments envers lui laissent supposer que nous entretenons une opinion incompatible avec le respect entier de ses principes et de ses intentions et les vœux les plus sincères de succès dans sa future carrière politique que nous serions peiné de voir compromise. Nous sommes presque les seuls dans la presse périodique à s'être rangé avec lui4 à une époque où agir de la sorte pouvait être vu comme un acte du courage de notre part, ou du moins il aurait été beaucoup plus dans notre intérêt de ne pas le faire. Nous n'étions pas tenus de nous joindre aux adversaires du Canada Act5; nous ne nous y sommes jamais opposé; nous l'avons déclaré être bon ou mauvais suivant la manière dont il serait exécuté. Notre point de vue pratique différaient autant de celui de M. Leader que notre langage pouvait différer du sien, et la plupart de gens dans notre position auraient fait autant pour séparer leur cause de la sienne que nous en avons fait pour éviter toute semblance de séparation.


Notes

1. See PD, 3rd ser., Vol. 44, cols. 1019-35 (7 Aug., 1838), 1056-1102 (9 Aug., 1838), 1127-46 (10 Aug., 1838), 1211-92 (14 Aug., 1838), 1296-1310 (15 Aug., 1838).

2. Shakespeare, Measure for Measure, II, ii, 118.

3. John Temple Leader, Speech on Canada (14 Aug., 1838), PD, 3rd ser., Vol. 44, cols. 1242-50.

4. See John Stuart Mill, “Radical Party and Canada,” pp. 434-5 above.

5. 1 Victoria, c. 9 (1838).