Vivre à haute voix au lieu de murmurer notre existence

De La Bibliothèque indépendantiste
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Vivre à haute voix au lieu de murmurer notre existence
1995




Source(s): [1]


Les chemins parallèles des femmes québécoises et du peuple québécois

Être reconnues comme personne, obtenir un statut juridique, gagner notre autonomie économique, affirmer notre identité et vivre notre spécificité dans un rapport d'égalité aux autres, nous, les femmes du Québec, nous aurons gravi bien des pentes tout au long de la route parcourue en ce 20e siècle. Nous avons franchi les barrières dressées pour nous bloquer l'accès à la vie publique. Longtemps déniées de citoyenneté, nous sommes pourtant, tout autant que les hommes, à l'origine des idées et des projets dont l'évolution du Québec a reçu ses impulsions. Dans nos foyers, nous avons transmis la langue, la culture, et les valeurs qui s'y rattachent. Par de grandes et de petites choses, nous avons changé la réalité sociale et le cours de l'histoire.

Le peuple québécois a parcouru un chemin semblable : affirmer son caractère français; se doter d'instruments socio-économiques, politiques et culturels autonomes; négocier sans succès, mais sans relâche, son autonomie politique; aspirer à vivre sa diversité dans un rapport d'égalité aux autres. De colon français à sujet britannique, de canadien à québécois, quelles que soient les étiquettes, le peuple québécois a conservé son identité inaltérable. Il a apprivoisé son territoire et l'a marqué de ses aspirations. Aujourd'hui, arrivé à maturité, il clame sa « francité » en cette Amérique du Nord où il aspire à s'exprimer selon sa spécificité et dans un pays souverain, le Québec.

Entre la quête des Québécoises et celle du peuple québécois pour sa souveraineté politique et économique, il existe un émouvant parallèle.

Comme l'histoire des femmes, l'histoire du peuple québécois est marquée par une volonté indéfectible d'autonomie. Or, et les femmes et le peuple québécois arrivent à une étape de croissance et de maturation où il leur faut assumer de plus grandes responsabilités et choisir. Choisir de vivre dans une société qui s'accomplit en permettant à celles et ceux qui la composent de mener à bien leur propre projet d'émancipation. Choisir de vivre à haute voix au lieu de murmurer leur existence. Pour nous, les femmes, cela signifie asseoir sur un terrain politique nouveau les principes fondamentaux d'un Québec féminin pluriel (Au printemps 1992, un millier de femmes se réunissaient à Montréal dans le cadre du forum « Pour un Québec féminin pluriel » qui visait à définir les balises d'un projet de société féministe).

Comment avancer avec des bâtons dans les roues?

Actuellement, le fait d'avoir à transiter par l'État fédéral pour une bonne partie des échanges culturels, économiques et politiques du Québec nous rend la tâche difficile. Car le Canada aussi se diversifie. Dans bien des cas, les aspirations des provinces de l'Ouest ou des Maritimes ne correspondent pas à celles du Québec. Les Québécoises et les Québécois ont leurs propres affinités régionales ou internationales, qu'ils veulent développer sans ingérence. Par ailleurs, dans un contexte où le poids des régions se modifie, celui du Québec s'amoindrit.

Depuis plus d'un quart de siècle, de commissions d'études en conférences constitutionnelles, le peuple québécois s'épuise en luttes stériles pour tenter de conquérir des demi-pouvoirs insuffisants et insatisfaisants.

L'État fédéral lui a refusé des changements salutaires, voire nécessaires. Qui serait encore assez naïf pour croire à la possibilité de réformer le système canadien? Qui croirait encore pouvoir refréner l'appétit gargantuesque d'Ottawa dont le pouvoir de dépenser sert de prétexte pour investir de plus en plus les champs de compétence provinciale?

Combien de chevauchements coûteux dans le domaine des allocations familiales, des pensions de vieillesse et des retraits préventifs, par exemple, ont comme effet d'alourdir les services au lieu de les améliorer, brimant ainsi les bénéficiaires!

Droit familial

En cette matière, le mariage, la séparation de corps et les questions relatives aux enfants lorsque survient la rupture de l'union relèvent du Code civil du Québec alors que le divorce est de compétence fédérale.

Services de garde

L'essor de ces services est entravé par les règles de développement édictées par l'État fédéral et qui en conditionnent le financement.

Santé et services sociaux

Bien que ce domaine soit de compétence québécoise, il est constamment menacé par les balises et les normes nationales ainsi que par le désinvestissement de l'État fédéral.

Éducation

Dans ce champ de compétence exclusivement québécoise, l'ingérence de l'État fédéral est notoire. Utilisant pleinement son pouvoir de dépenser, l'État fédéral octroie des fonds conditionnels lui permettant d'imposer indirectement au Québec ses choix et ses priorités. Par exemple, l'État fédéral invoque son contrôle sur le programme d'assurance-chômage pour envahir systématiquement le champ de la formation professionnelle. Quant à la réforme Axworthy et au dernier budget Martin, ils constituent tous deux une menace pour l'accessibilité à l'éducation. Or, pour les femmes, l'éducation est la voie privilégiée de l'émancipation.

  • Seulement 8 % des participants au Programme fédéral relatif aux pénuries de main-d'œuvre sont des femmes;
  • Seulement 4 % des postes d'apprentissage au Canada sont occupés par des femmes;
  • La formation offerte aux femmes vise surtout des emplois traditionnels peu spécialisés et peu rémunérés.
  • Le financement fédéral pour la formation spécifique aux femmes a diminué de 54 % entre 1988 et 1993.

( source : NouvElles, bulletin de la FTQ en condition féminine, édition spéciale référendum, février 1995.)

Congés parentaux

Le contrôle total que l'État fédéral exerce sur le programme d'assurance-chômage freine aussi l'implantation d'une politique québécoise globale et cohérente de congés parentaux. Actuellement, au Québec, les types de congés, leur durée et le remplacement du revenu diffèrent selon que l'on travaille dans une entreprise régie par les lois fédérales ou québécoises.

Régime fédéral Régime québécois
Congé maternité 17 semaines18 semaines
Congé d'adoption Aucun5 jours (dont 2 payés)
Congé parental 24 semaines (sans solde)34 semaines (sans solde)
Congé pour obligations familiales Aucun5 jours sans solde

( source : NouvElles, bulletin de la FTQ en condition féminine, édition spéciale référendum, février 1995.)

Travail

Plusieurs entreprises installées au Québec sont régies par des lois fédérales, ce qui a pour résultat de créer deux classes de travailleuses. Par exemple, le Code canadien du travail a été amendé en 1990 afin de permettre à une travailleuse de se retirer du travail si les conditions représentent une menace pour sa santé ou celle de l'enfant à naître. Toutefois, l'indemnité offerte ne se compare aucunement à celle prescrite par la loi québécoise. De même, les programmes d'accès à l'égalité diffèrent totalement selon qu'ils sont implantés en vertu de la loi fédérale ou de la loi québécoise.

Marie et Josiane sont enceintes...

Marie, chauffeure de camion lourd, sillonne l'Est du Canada. Josiane, chauffeure d'autobus scolaire, parcourt le territoire d'une commission scolaire à Montréal. Toutes les deux ne peuvent, sans risque pour leur futur bébé, poursuivre leur travail. Après étude de leurs dossiers, elles obtiennent donc un retrait préventif. Marie doit s'adresser à l'assurance-chômage pour obtenir l'indemnité de remplacement de son revenu alors que Josiane s'adresse à la CSST. En vertu du programme fédéral, Marie pourrait recevoir l'équivalent de 55 % à 60 % de ses gains assurables pendant sa période de retrait alors que Josiane reçoit 90 % de son salaire.

Deux régimes, deux catégories de travailleuses!

(texte rédigé à partir d'informations tirées de : NouvElles, bulletin de la FTQ en condition féminine, édition spéciale référendum, février 1995.)

L'État fédéral coupera de plus en plus dans les programmes d'assurance-chômage : 5,5 milliards d'ici 1997. Règles d'admissibilité plus strictes, indemnités diminuées, tout concourt à restreindre le nombre de prestataires ou à pénaliser celles et ceux qui recourent à l'assurance-chômage trop fréquemment. Ces politiques ont un impact considérable sur les femmes, qui représentent près de 50 % des prestataires d'assurance-chômage. Précaires, à temps partiel ou occasionnelles, elles sont concentrées dans des secteurs d'emploi vulnérables et vivent de fréquents allers et retours emploi-chômage. De plus, elles ont aussi recours à l'assurance-chômage lors de leurs congés de maternité. Immigration

Pour ce qui est de l'immigration, le Québec a toujours cherché à obtenir des pouvoirs accrus. Certes, il est associé à la sélection des personnes immigrantes, mais c'est l'État fédéral qui décide des objectifs généraux, détermine les catégories d'immigrantes et d'immigrants et définit celles et ceux qui peuvent être considérés comme réfugiés. Quant au parrainage entre conjoints, conçu pour faciliter le rapprochement des familles, il donne souvent lieu à des abus de toutes sortes. En ce domaine, la capacité du Québec se réduit à réglementer certaines modalités d'application.

Qu'est-ce que le parrainage?

C'est un programme qui relève de la Loi de l'immigration du Canada. C'est une forme de tutelle qui touche principalement les femmes immigrantes. Il faut souvent de deux à quatre ans pour accéder au programme de parrainage. Lorsqu'une femme immigrante y parvient, elle demeure pendant trois ans sous la tutelle du conjoint ou d'un membre de la famille qui la parraine. Au printemps 1995, lors de la Marche des femmes contre la pauvreté, les femmes ont obtenu que la réduction de la période de parrainage de 10 à 3 ans, décrétée le 31 octobre 1994, s'applique à toutes les femmes immigrantes, indépendamment de la date à laquelle elles ont obtenu leur statut de parrainées.

En 1994, le Québec a reçu 27 102 immigrants dont 14 077 femmes. De ce nombre, 11 727 ont été reçus dans le cadre d'un programme de réunification des familles, dont 6 883 femmes, soit près de 60 %.

On peut aussi déplorer d'autres chevauchements tout aussi préjudiciables en matière de retraits préventifs, de planification des naissances, d'allocations familiales, de pensions de vieillesse et de crédits impôt-enfant.

Marcel et Christine ont trois enfants...

Lui est enseignant, elle infirmière. En 1994, leur revenu familial a été de 72 000 $. Pour supporter les coûts relatifs aux enfants, cette famille reçoit du gouvernement fédéral la prestation fiscale pour enfants et du gouvernement québécois, certaines allocations d'aide aux familles. La prestation du gouvernement fédéral est déterminée à partir du revenu familial. Dès que ce dernier est supérieur à 25 000 $, la prestation diminue. Quant aux allocations d'aide aux familles, elles sont fixées en fonction de l'âge et du rang de chaque enfant et ce, indépendamment du revenu familial. En 1994, notre famille type a reçu approximativement 162 $ du gouvernement fédéral et 657 $ du gouvernement québécois.

L'universalité des programmes, un principe en voie d'extinction au fédéral!

Germaine est veuve depuis peu de temps...

" Sécurité de la vieillesse, supplément de revenu garanti, RRQ, REER, crédit d'impôt en raison de l'âge, rente de conjoint survivant... deux gouvernements, c'est trop compliqué pour rien! "

En conclusion, l'administration de programmes différents, issus des deux gouvernements, entraîne inévitablement un accroissement des coûts et restreint dramatiquement la marge de manœuvre du Québec dans l'établissement de programmes adaptés aux besoins de sa population et l'élaboration de politiques intégrées.

Quand la valse hésitation nous fait tourner la tête

Certains changements ne sont pas faciles, l'expérience des femmes en témoigne. C'est ainsi que, malgré les frictions et les confrontations, un couple ne rompt pas sans hésitation lorsque des années de vie commune ont multiplié les liens. Le « j'avance, je n'avance pas, j'avance quand même et parfois je recule » de la société québécoise ressemble à s'y méprendre au comportement de plusieurs d'entre nous! C'est une réalité qui est souvent occultée ou ironisée, mais dont il faut tenir compte.

Choisir l'autonomie dans sa vie peut inquiéter. Choisir la souveraineté politique aussi. D'un côté, le goût de franchir cette étape à travers un règlement à l'amiable, sans « chicane »; de l'autre, l'hésitation et la crainte devant les menaces, le terrorisme psychologique, les difficultés appréhendées. Malgré l'espoir d'un avenir meilleur et d'un plus grand épanouissement, tout comme on ne quitte pas facilement une relation de couple insatisfaisante, on ne quitte pas à la légère un pays dans lequel on a grandi, et où, en dépit de tergiversations infinies, on s'est aménagé un espace.

OUI au Québec qu'il nous faut !

Le Québec qu'il faut au peuple québécois

Les négociations stériles des quinze dernières années interdisent tout espoir de changements constitutionnels respectant les aspirations du Québec. Les Québécoises et les Québécois doivent plutôt s'engager dans le sprint final vers l'autonomie.

D'aucuns prétendent que le Québec jouit présentement d'une relative stabilité économique. Malgré les entraves, il a développé la plupart des moyens nécessaires pour assurer sa croissance sociale, culturelle, politique et économique. Il est arrivé à un point de maturité où il se sait unique en Amérique du Nord. Il veut passer à une autre étape de son histoire, se désembourber de la crise constitutionnelle qui freine son développement et négocier avec le Canada de nouveaux accords, en partenaires égaux cette fois... et pour une fois.

À l'instar de l'ensemble des sociétés industrialisées, le Québec est frappé de plein fouet par la vague de mutations venues agiter cette fin de millénaire. Il y a présentement un momentum favorable et le défi du peuple québécois est de profiter de cette occasion unique pour construire une société différente, engagée dans des rapports internationaux, et fidèle à son projet de société.

Le Québec pourra choisir lui-même ses partenaires politiques, économiques et culturels, et négocier ses échanges multilatéraux. Les nécessités économiques auxquelles sont confrontés tous les pays garantissent au Québec des échanges fructueux et des partenariats intéressants partout dans le monde, notamment avec les États-Unis, et même avec le Canada, une fois passée la mauvaise humeur des premiers temps.

Maîtriser tous les leviers de décision afin de mieux répondre aux besoins des Québécoises et des Québécois, voilà ce qu'il faut. Un pays francophone, au rayonnement distinct, ouvert sur le monde, maître de ses institutions et porteur d'un projet de société, voilà le Québec auquel nous disons OUI.

Et le Québec qu'il faut aux femmes québécoises

Au cours de la dernière décennie tout particulièrement, nous avons cherché à définir notre projet de société.

Parce que la vision des femmes est rarement présente dans les débats publics sur l'avenir, nous avons entrepris de préciser notre vision du monde, de l'éducation, de la culture, de l'économie, de la politique et des relations entre les personnes.

Parce que les valeurs d'une société ne doivent à aucun prix être réduites à la stricte question de l'économie, nous avons identifié celles qui doivent orienter le développement économique : une politique de plein emploi et de développement durable ouverte, intégrée et solidaire. La diminution de la dette et la lutte au déficit ne peuvent constituer en eux-mêmes un projet de société.

Parce que nous refusons de lier aux seuls partis politiques l'accession de notre pays à la souveraineté, nous avons défini un projet rassembleur au-delà des allégeances politiques.

La naissance du Canada fut l'œuvre des Pères de la Confédération. Nous voulons que celle du Québec soit aussi l'œuvre de Mères libres et égales.

DÉTERMINÉES ET DÉTERMINANTES

Le passage à la souveraineté politique du Québec sera exigeant. Cela ne réglera pas spontanément les problèmes économiques et sociaux, et cela n'effacera pas d'un trait le décrochage scolaire, le chômage, la pauvreté et la violence. Le peuple québécois ne s'en trouvera pas miraculeusement nanti d'une meilleure santé et les jeunes ne seront pas tout aussi miraculeusement protégés des vicissitudes de la vie. Nous le savons, l'indépendance est un début de prise en main, non une fin.

Et nous savons que, lorsqu'il n'y a plus de dialogue, tout est consommé. En 1980, le cheminement du Canada vers le rapatriement de la Constitution pouvait peut-être donner des motifs d'espoir, mais depuis, le peuple québécois n'a rencontré que des échecs, aucune preuve d'ouverture. L'État fédéral a rompu le dialogue. Il l'a affirmé clairement, il n'a aucunement l'intention de se montrer sympathique aux revendications du peuple québécois. Après l'humiliation de 1982 et les gifles magistrales de Meech et de Charlottetown, combien de joues avons-nous encore à présenter?

Qui mieux que les femmes pour comprendre l'évolution du Québec! Cette quête d'autonomie et d'équité ressemble tant à la nôtre! À chaque fois que nous avons exigé des réformes et des transformations radicales de la société, nous avons bousculé les mentalités, déstabilisé les règles du jeu et rencontré de farouches résistances.

Nous n'avons reçu aucun cadeau de l'histoire et pourtant, nous en avons modifié le cours.

Ainsi, la Marche des femmes contre la pauvreté, au printemps 1995, a démontré que le mouvement des femmes peut bouleverser l'agenda politique du Québec et que sa force réside justement dans sa préoccupation à l'égard des personnes, de l'amélioration de leurs conditions de vie et d'une plus grande justice sociale.

Nous avons l'habitude de relever nos manches. Notre poids politique est important. Nous représentons 51 % de la population et 52 % de l'électorat. Nous pouvons changer le monde. Nous pouvons même affirmer que le Québec ne pourra pas changer sans nous.

L'accession du Québec à la souveraineté sera un formidable déclencheur pour redéfinir notre société. Voter OUI à la souveraineté, c'est cesser de faire du sur place, c'est accepter de prendre notre destinée en main, c'est avoir le sens de notre histoire. C'est surtout s'assurer par notre engagement que le Québec devienne une société répondant aux aspirations réelles de l'ensemble des Québécoises et des Québécois.

Le projet de pays que nous défendons s'articule autour de principes clairs 
  • l'égalité entre les femmes et les hommes;
  • l'établissement d'une éducation de qualité;
  • la recherche d'une plus grande solidarité sociale;
  • la promotion de la culture québécoise et de la langue commune, le français;
  • la planification d'un développement économique durable et respectueux de l'environnement;
  • la répartition équitable du travail et des richesses;
  • le respect des droits de la minorité anglophone;
  • la reconnaissance du droit à l'autodétermination des nations autochtones.

Cinquante-cinq ans après l'obtention du droit de vote, nous nous retrouvons confrontées, en tant que citoyennes, à un choix déterminant pour l'avenir de notre collectivité. Nous nous posons des questions. Nous pesons le pour et le contre. Et nous avons au moins mille bonnes raisons de le faire. Nous en avons long à dire sur l'autonomie, sur les coûts qui s'y rattachent, sur le courage et la détermination qui immanquablement doivent l'accompagner.

Cependant, les préoccupations des femmes ne sont pas à ce point différentes de celles des hommes, que nous ne voulions nous sentir partie prenante de tout projet visant à redéfinir notre avenir. La lucidité que nous avons acquise au fil des batailles que nous avons menées nous indique que tout choix comporte sa part de risque, d'incertitude et que le courage demeure encore la première attitude à privilégier.

Courage de parler, courage d'agir, courage de choisir, courage d'assumer, courage de prendre nos responsabilités.

Les femmes du Québec veulent une société qui leur ressemble, une société dans laquelle elles se reconnaissent et retrouvent les valeurs qui leur sont chères, une société qui leur fait une place, une juste place, une place qui leur revient de droit parce qu'elles contribuent au jour le jour à édifier cette société, à la façonner. Cette société-là éveille la passion et l'engagement. Nous y mettrons le meilleur de nous-mêmes. Par notre détermination, nous serons déterminantes.