Le colonialisme au Québec

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Le colonialisme au Québec
1966, Éditions R-B, 191 p.




RÉSUMÉ : Le colonialisme au Québec est un essai politique du militant de l'indépendance du Québec André D'Allemagne publié à Montréal en 1966[1]. AUTRE(S) ÉDITION(S) : 2e édition en 2000 chez Comeau & Nadeau à Montréal et chez Agone en France. 3e édition chez Lux éditeur en 2009. SUR LE LIVRE : [2], [3] Achat en ligne : de l'éditeur, Renaud-Bray, etc.



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À tous les Québécois qui ont choisi de l'être.

introduction LE COLONIALISME

Après avoir implanté la vigne en Gaule, les Romains, alarmés par la concurrence des vignobles gaulois, en limitèrent la production pour protéger celle de la métropole.

En Inde, les Anglais coupèrent les doigts des tisserands indigènes pour que leurs produits ne nuisent pas aux intérêts de l'industrie textile britannique.

Dans leurs projets, les nazis prévoyaient l'organisation économique de l'Europe de telle sorte que l'économie de chaque pays soit complémentaire et tributaire de celle de l'Allemagne.

* * *

Le colonialisme n'est pas un phénomène nouveau mais la forme d'un phénomène vieux comme le monde, vieux comme les peuples : celui de la domination d'une société par une autre.

Cette domination a longtemps reposé sur la seule force militaire. Au temps de l'impérialisme traditionnel, d'après l'adage cynique des Anglais, le commerce suivait les armées. Après la conquête, le peuple vainqueur organisait l'exploitation du peuple vaincu selon des règles bien précises. Il s'établissait alors un rapport entre peuple-seigneur et peuple-sujet, un féodalisme international qu'acceptaient les mœurs du temps. De ses sujets le vainqueur exigeait des rançons permanentes : les impôts de diverses formes, les monopoles économiques et, à l'occasion, la rançon du sang. Les peuples conquis ont souvent fourni à leurs dominateurs des mercenaires d'élite : les Gaulois aux Romains, les Sénégalais et les Marocains aux Français, les Sikhs et les Canadiens français aux Anglais.

Cet impérialisme ne visait pas à détruire les structures ni les particularités du peuple conquis. D'ailleurs, cela n'était pas nécessaire. Le vainqueur laissait à ses nouveaux sujets leurs « us et coutumes », leur langue, leurs institutions sociales et religieuses et, dans une large mesure, leur gouvernement, c'est-à-dire l'autorité établie, en se contentant d'instituer, au-dessus des structures indigènes, la superstructure de l'autorité impériale protégée par la puissance des armes. L'impérialisme était la forme brute de la domination. Pleinement ressentie par le peuple conquis, cette domination n'était pas acceptée et demeurait à la merci d'une révolte armée. Aussi toute tentative en ce sens était-elle impitoyablement et cruellement réprimée par la violence. Isolé, le peuple subjugué ne pouvait généralement compter que sur lui-même, à moins d'un conflit entre son conquérant et quelque autre grande puissance ne lui offrît l'occasion de se libérer de l'un, au grand risque de tomber sous le joug de l'autre. Mais une des caractéristiques de la domination impérialiste était son évidence, on pourrait dire son cynisme officiel.

La puissance militaire, cependant, ne suffit plus devant l'évolution de l'opinion publique, la formation des solidarités internationales, et l'importance croissante des pouvoirs économiques par rapport aux pouvoirs politiques. La domination qui ne repose que sur l'emploi de la force armée attire la condamnation de vastes secteurs de l'opinion internationale. Cette condamnation n'est pas que morale ou théorique. Elle permet aux mouvements de libération de trouver à l'extérieur une aide concrète : armes, argent, techniciens, qui augmente de beaucoup leurs chances de succès. Par ailleurs, les intérêts économiques du dominateur, qui son en fait à l'origine de la situation coloniale, modifient le comportement de celui-ci envers les pays dominés.

Il s'ensuit que la domination doit changer de formes et tenter de se « justifier ». Elle devient alors globale. Le peuple dominateur s'efforce de masquer la tutelle qu'il exerce sur sa colonie et, souvent, l'annexion territoriale est remplacée par des régimes satellites. Comme les dictateurs, les colonisateurs ont grand souci des apparences de la légitimité. Le régime imposé se présente donc en façade, comme relativement démocratique, à tout le moins libéral, et accepté par la population. Pour ce faire, le régime a besoin de la collaboration active d'une élite colonisée qu'il fabrique ou qu'il puise dans les élites traditionnelles. Enfin, le régime colonial se donne un air respectable, voire « généreux », en reconnaissant certains « droits » et en octroyant certains « bienfaits » matériels au peuple dominé. Au besoin, il accorde aux colonisés une nationalité factice : celle du colonisateur, ou il supprime les colonies pour en forger des pays artificiels : Congo, Malaysia, Canada, Rhodésie.

La propagande coloniale exploite à fond les mythes ainsi créés, de sorte que les tentatives de révolte du peuple colonisé semblent perdre leur authenticité nationale, n'étant plus en apparence que le fait d'éléments restreints de la population. La lutte de libération prend l'air d'une querelle intestine de la société dominée, querelle dont le dominateur reste apparemment absent, en faisant agir ses intermédiaires à sa place. Conditionné par la propagande, trouvant son sort acceptable, l'ensemble de la population dominée perd ses réflexes de défense, s'effrite dans la personnalité et aspire à « ressembler à son conquérant ».

Ainsi, en devenant global, l'impérialisme a donné naissance au colonialisme. La simple occupation par la force a cédé la place à un conditionnement psychologique. Le peuple colonisé a perdu tout ressort. Son histoire s'est éteinte. Il existe désormais en marge du monde; sa pénible « survivance » n'est qu'un à-côté de la vie du colonisateur.

Le colonialisme est un génocide qui n'en finit plus.

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